50 000 manifestants dans les rues...
Posté par: so
dans Sur le terrain
le May 15, 2009
Hier, c'est la pluie qui paralysait le centre-ville. Aujourd'hui, elle persiste, gonflée cette fois d'une marée humaine. Le centre-ville, lui, est à l'arrêt.
Il n'est pas question de prendre la voiture car, de la gare du Nord au Boulevard du Midi, les manifestants sont environ 50 000 à marcher en rangs serrés, pacifiquement mais bruyamment, pour crier leur désarroi face à la crise économique.
« Nous voulons une Europe qui nous protège des dérèglements financiers qui menacent l'emploi », tel est le mot d'ordre de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui avait mobilisé hier à Madrid et qui appellera encore à défiler ce samedi à Prague et à Berlin.
Venus aussi bien du nord que du sud du pays, les manifestants arborent pour la plupart les couleurs d'un des trois grands syndicats du pays. Dans le cortège, les ouvriers de la métallurgie, l'un des secteurs les plus touchés par la crise économique, sont omniprésents. Une petite délégation de l'usine Opel d'Anvers a également fait le déplacement. Ils ne sont qu'une cinquantaine parce que " ce n'est pas le moment de paralyser l'usine » et tant ils craignent que la direction de la maison mère américaine, General Motors, ne sacrifient le site...
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A hauteur de la Bourse, près de laquelle se trouve mon bureau, j'entends parler indifféremment allemand, français, anglais, néerlandais .. Quelque 200 luxembourgeois sont venus renforcer le mouvement. Un de leurs slogans est "Combattre la crise, priorité aux citoyens" . Je m'entretiens avec l'un des délégués qui s'était arrêté pour voir comment "ses troupes" se comportaient. De manière très ramassée, il me fait part de l'urgente nécessité qu'il a de lutter en faveur d'un nouveau "deal social". Les revendications sont multiples mais, en gros, elles réclament de la part des gouvernants européens qu'ils adoptent rapidement un plan énergique de relance économique forte et qu'il soit mis fin aux mesures et autres directives européennes qui privilégient le marché et le démaillage social au détriment des droits des travailleurs et des conventions collectives.
J'adhère pleinement à cette manière de concevoir la lutte à mener contre la crise, en ajoutant cependant au passage qu'il faut bien avoir à l'esprit que les entreprises ne viendront s'implanter, ou ne resteront établies à Bruxelles, que si elles n'ont pas un intérêt réel à aller là où il leur sera proposé d'autres conditions en matière d'incitants fiscaux, c'est-à-dire à la périphérie de notre Région. D'où l'idée de mettre fin à cette concurrence stérile par une certaine extension du territoire de notre Région...
A Bruxelles, on ne le sait que trop, la crise fait des ravages. Plus de 90.000 personnes n'ont pas de contrat de travail à l'heure actuelle. Cela représente 21,5% de la population dite active. Mille nouveaux travailleurs perdent leur emploi chaque mois depuis le début de l'année.
Ce nombre cache également de nombreuses barrières à la mise ou à la remise à l'emploi. Pour n'en citer qu'une, il y a l'inadéquation du profil professionn el du Bruxellois par rapport aux emplois proposés : le Bruxellois est souvent unilingue et sans diplôme supérieur là où l'emploi proposé suppose une qualification professionnelle de qualité, voire de haut niveau...
Une des causes déterminantes du chômage réside dans le trop faible niveau de scolarisation de la majorité des demandeurs d'emploi bruxellois. En effet, plus de 2 sur 3 d'entre eux n'ont atteint, au mieux, que le secondaire inférieur alors qu'à peine un tiers des emplois offerts leur sont accessibles... C'est évidemment là que le bât blesse le plus clairement et cette distorsion ne s'arrangera que par l'élévation du niveau de savoir et des connaissances linguistiques de chacun(e) : ce sont la nature urbaine et la fonction de capitale de notre Région qui entraînent naturellement le développement du secteur des services aux entreprises et aux administrations pour lequel nous avons besoin de main d'oeuvre. Cela signifie en clair qu'il sera toujours demandé en notre Ville Région un niveau de qualifications professionnelles et de connaissances linguistiques plus élevé que partout ailleurs dans le pays....
Remédier à cette situation sera l'un de ces grands dossiers auxquels il faudra s'attaquer sans relâche dès le 8 juin.
