Selon l'indicateur de la Banque nationale qui mesure la confiance des consommateurs, le moral des ménages belges est à son plus bas niveau depuis avril 2009 (-20 points).
Dans le commentaire qui accompagne la présentation de ces données, on peut lire: "la baisse de l'indicateur s'explique principalement par un pessimisme nettement plus marqué des consommateurs quant aux perspectives en matière de chômage. Ils s'attendent, en outre, à une détérioration accrue du contexte économique général".
De fait, il ne faut pas être grand clerc en politique pour comprendre cet état de blues de nos compatriotes. Si les plus grosses craintes semblent ainsi porter sur l'emploi, je pense de mon côté, pour écouter l'avis de beaucoup de personnes, que ce qui contribue tout autant à miner le moral de nos concitoyens est la flambée des prix qui atteint plusieurs des biens de première nécessité.
Comme c'est le cas pour l'énergie, sujet dont j'ai déjà eu souvent l'occasion de vous entretenir dans mes billets précédents, pour l'eau et pour beaucoup des produits alimentaires qui s'avèrent être, comme il en a été beaucoup question ces derniers jours dans les médias, réellement plus chers en Belgique que dans les pays voisins.
A cet égard, il n'est pas sûr que le nouveau record atteint hier par le prix de l'essence à la pompe sera de nature à apaiser les craintes des consommateurs ou à renforcer leur moral... Si l'on ajoute à cela que les décisions annoncées par le nouveau gouvernement n'ont pas toujours été rapportées comme il aurait convenu et que certaines d'entre elles auront pour effet indiscutable d'atteindre le portefeuille d'un grand nombre de nos concitoyens, je ne suis évidemment pas surprise par le constat révélé par l'indicateur de la Banque nationale.
C'est pourquoi je regrette assez bien que notre nouveau Premier Ministre, Elio Di Rupo, n'appelle pas ses Ministres à faire preuve de plus de tempérance à propos de l'ajustement budgétaire qu'il va devoir bientôt faire pour corriger la mauvaise évaluation qui a été faite dans le budget fédéral des prévisions de croissance en ce qui concerne l'activité économique pour l'année 2012. Comme ce fut d'ailleurs également le cas pour le budge régional bruxellois....
Pour engranger les 2,5 milliards d'euros qui manquent pour équilibrer le budget fédéral, c'est à un véritable feu d'artifice(s) auquel se livrent ces derniers jours plusieurs de nos Ministres: hausse de la TVA à 22%, instauration d'une cotisation sociale généralisée, imposition forfaitaire des sociétés, saut d'index, suppression de la TVA, et j'en passe et des meilleures ! Je ne dis pas que tous ces ballons d'essai sont tous dépourvus de pertinence. Non, là n'est pas la question. Ce que je veux dire, c'est que tout ce vacarme, qui confine au tohu-bohu, n'est pas fait pour donner du gouvernement l'image d'un équipage qui sait où il veut aller et qui se fait confiance pour atteindre son but.
Aujourd'hui, l'heure n'est plus aux palabres et aux gesticulations mais elle est bien à celle de l'action et de la force de conviction. Ce n'est qu'en produisant de bons résultats et en s'attachant à faire la démonstration que les efforts demandés peuvent relancer la création d'emplois que l'on parviendra à restaurer cette confiance qui sera, elle-même, facteur d'amélioration de la situation économique.
Alors, silence avant les négociations à venir. On la boucle. On parlera là et quand il le faudra. En attendant, il s'agit de bosser et d'avancer. En veillant de ramer de préférence dans la même direction.
Par Damebochiew , August 13, 2012


