Posté par: so dans Bruxelles ma belle

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Avec "La Fête des Voisins", nombreuses sont les rues qui vont s'animer pour la 7ème année consécutive à Bruxellles. Une nouvelle occasion de découvrir et de rencontrer ses voisins autour d'un verre, d'un repas ou d'animations de bout de ficelles mais bien sympathiques..

Avec des conséquences également bien plus importantes pour certaines personnes isolées, agées ou malades. Celles de leur permettre de sortir de leur isolement et de leur solitude.

Car la fête des voisins est bien plus qu'un acte anodin ou superficiel. Il répond à la difficulté de vivre en ville à l'heure actuelle et en particulier dans une capitale. Avec son million d'habitants, Bruxelles n'échappe pas à la règle, et ce d'autant que notre ville compte la particularité d'accueillir près de 270.000 non belges et un va et vient régulier de stagiaires et de fonctionnaires européens qui n'est pas fait pour favoriser le contact.

Toutefois, la barrière culturelle ou des langues n'est pas le seul obstacle au développement de la cohésion sociale. En général, nos villes manquent avant tout de chaleur. C'est pourquoi il est essentiel de leur redonner un visage humain et cohérent.

Comme le dit Pascal Smet : "Quand on place les bancs d'une salle d'attente de gare dos à dos, on ne fait rien pour favoriser la rencontre".

Il est donc temps d'aménager l'espace public dans cette perspective,  à commencer par les places, les jardins, les lieux publics comme les stades et autres endroits où les gens sont appelés à se côtoyer. Tous ces lieux doivent être redessinés ou être autrement équipés  afin que la population, valide comme non-valide, puisse se les réapproprier. Les réaménagements doivent être pensés pour susciter plus aisément les contacts que les gens de toutes générations et de toutes conditions pourront avoir entre eux.

Dès que l'aménagement de l'espace sera plus propice aux rencontres et à des échanges de qualité, les rapports entre personnes ne manqueront pas de s'améliorer dans la foulée. En rendant la ville par trop fonctionnelle, le modernisme a souvent nui à ce qui fait la qualité première de la ville : sa capacité d'enrichir chaque habitant par la qualité des échanges qu'il peut y avoir sans autre effort que celui de se montrer ouvert et disponible.

Un premier pas allant dans cette direction est , selon moi, de prendre le temps de la ville. Comment ? En y marchant plus souvent ou en y flânant quand ce fameux temps qui nous presse toujours nous en donne l'occasion. Pour que cette démarche puisse se faire dans les meilleures conditions pour tous, il conviendra de dégager autant que possible la Ville de ce qui est de nature à l'encombrer inutilement ou à polluer l'air qui l'enveloppe.

Avec moins de voitures et moins de camions dans la ville, il en résultera plus d'espaces et une amélioration de l'environnement pour l' ensemble de la population. Il ne faudra pas avoir peur de prendre des mesures visant à rendre certaines parties de la Ville plus piétonnes et d'autres libres de toute circulation automobile plus souvent que ce n'est le cas aujourd'hui.

L'aménagement des berges du canal et d'un parc à Tour et taxis, l'éclairage des ponts et des bâtiments, l'aménagement de piétonniers à Saint-Gilles, à Ixelles ou au goulet Louise sont, dans ce sens, tout indiqués si l'on veut réellement, et non pas simplement en paroles comme beaucoup d'autres partis se contentent de le faire, établir une meilleure qualité de vivre- ensemble et une cohésion sociale que je qualifierais volontiers de durable pour souligner le fait qu'elle de nature à s'auto-générer .

La Place Flagey fait déjà ses preuves dans ce souci d'aménagement de l'espace public. Les amoureux s'y bécotent à nouveau sur les bancs publics et jeunes, vieux, riches et moins riches y cohabitent sans souci du qu'en dira-t-on.

Il reste cependant encore à faire pour rendre cet espace plus performant encore en termes d'échanges et d'écolage de joies de vivre. Il serait heureux à cet égard que, dans quelques mois, pouvoirs publics, régional et communal (s'il y consent bien évidemment !), aillent à la rencontre des usagers pour les écouter. Car si l'aménagement de l'espace permet beaucoup, la manière dont ceux qui y habitent ou le fréquentent assidûment est tout aussi lourde de conséquences en matière de cohabitation et de convivialité.

Là, comme ailleurs, le sol sera toujours froid et lisse si la pierre qui l'habille n'est pas conçue pour sentir battre le pouls de celles et de ceux qui la foulent...

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