Posté par: so dans Dans la presse

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Aujourd'hui, dans notre série "matière régionale ou communale" : la prostitution. La prostitution est-elle une matière communale ou régionale ? Telle la question qui ressort de l'article publié ce mercredi dans le journal « Le Soir » sous la signature de François Robert.

Pour le bourgmestre de Schaerbeek, cette question ne se pose pas puisque, selon lui, les communes, et bien entendu la sienne en particulier, constituent  le niveau de pouvoir le mieux placé pour appréhender au mieux cette problématique.

Sur quoi se base-t-il pour affirmer ce credo avec force et pour se permettre au passage de critiquer (vieux réflexe d'un FDF à l'égard d'un homme politique flamand ?) Pascal Smet qui a fait faire à l'échelle régionale une étude sur ce sujet par des experts hollandais? «En cette matière, nous devons tenir compte de trois paramètres : le juridico-policier, l'aspect territorial ainsi que le socio-sanitaire. La commune rencontre mieux ces paramètres que la Région. »

Sans craindre du tout de faire le grand écart, il préconise que cette  matière fasse l'objet de concertation entre les 5 ou 6 communes concernées par le phénomène d'une part et soit gérée par le Fédéral pour tout ce qui à trait aux mesures d'éloignement, à l'hygiène, aux conditions de travail, au contrôle des illégaux ainsi qu'à celui des contrats de travail d'autre part. CQFD...

A l'heure où la prostitution se morcelle et présente de plus en plus de facettes, il est de plus en plus nécessaire de nouer des liens de qualité avec ces personnes qui font commerce de leurs charmes, tant pour les acteurs et actrices de terrain que pour les riverains des lieux où la prostitution est encore visible.

Nous ne devons pas tomber dans le piège de discours sécuritaire ou moralisateur dès lors qu'il est question de prendre des mesures ou de donner suite à des projets qui permettraient à notre Ville de ne plus être à la traîne par rapport à ce qui s'est déjà fait dans d'autres grandes villes étrangères ou belges, comme à Anvers par exemple avec l'instauration de la Villa Tinto.

Sur le plan de l'assistance à apporter tant aux prostituées qu'aux prostitués, la Région se doit également de faire davantage que ce qu'elle a fait jusqu'à présent. Il y a peu, une dépêche de l'agence Belga nous apprenait que, faute de soutien financier, l'association qui s'occupait des prostitués à Bruxelles avait cessé ses activités. Heureusement, si l'on en croit une petite brève accrochée à l'article précité, une association bilingue, mêlant des travailleurs du secteur de la prostitution, de la santé et de la prévention, serait sur le point de voir le jour ce 12 mai prochain mais qu'elle serait en attente d'un financement lui permettant d'engager du personnel...

La problématique est vraiment trop sérieuse pour la laisser ainsi aux seules mains de petits roitelets locaux. Ici, en cette matière comme en beaucoup d'autres, il est indispensable que la Région fasse, histoire d'être à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre d'elle, comprendre aux Communes où se trouvent les limites de leurs compétences.

Commentaires (4)add
sophie
Prostitutes survey
Par Peter Pan , May 15, 2009
Ne doutant pas que vos lectrices et lecteurs connaissent bien l'anglais, je vous livre l'information lue dans The Bulletin de cette semaine.
There are about 5.000 prostitues touting for business in Brussels, according to a study by the University of Leuven and the Erasmus University College. About 80 percent of them work off the streets through escort agencies, massage parlours and the internet. Thera are a disproportionately high number of Bulgarians and abour 20 to 30 percent are male. The report noted that while Antwerp has an official centre which deals with prostitutes, Brussels has none despite having a sector almost three times the size.
Voilà bien de l'eau à votre moulin.
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sophie
Bon sens
Par jean clavier , May 12, 2009
Le commentaire fait par Mme Cécile Cheront indique à quel point toute cette problématique est complexe et importante à traiter. Vous l'aviez déjà fait apparaître dans votre message même s'il était évident que vous teniez à gentiment crosser au passage le sieur Clerfayt qui, c'est assez visible, préfère être premier dans son village que deuxième sur la place régionale. Ce message a le bon ton de faire la démonstration qu'en cette matière, comme dans toute autre, il est possible d'aller dans la bonne direction si tous les attelages sont alignés dès le départ pour aller dans le bon sens. Oui, simple question de bon sens...
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...
Par Cécile Cheront , May 11, 2009
La prostitution concerne autant le pouvoir fédéral (en matière de droit des étrangers, droit des travailleurs, maintien de la sécurité et lutte contre la traite, que les régions (en matière d'accès à l'aide sociale, d'accès aux soins et de maintien de la cohésion sociale), les communautés (en matière de lutte contre les IST) et les communes (en matière de gestion de l'ordre public)! Chaque commune doit gérer la prostitution visible sur son territoire en tenant compte de la situation locale particulière, de la présence ou non de criminalité associée, de l'historique de la présence de la prostitution, de la pression des riverains, des projets immobiliers... et en faisant jouer la démocratie au niveau de conseil communal. En matière de maintien de la cohésion sociale et de prostitution, la Cocof agit déjà et Schaerbeek également. C'est d'ailleurs la seule commune qui a inscrit la prostitution dans son Décret communal de cohésion sociale... S'il faut distribuer des bons points, merci à Charles Picqué, à Pascal Smet et à Bernard Clerfayt...
Nous comptons sur les parlementaires fédéraux pour bloquer le passage de lois qui pénaliseraient la prostitution entre adultes consentants et sur les communes pour ne pas chasser les prostituées de rue vers des zones insalubres et pour adopter une politique de tolérance vis-à-vis des bars et des "privés" s'il n'y a pas de traite des êtres humains... Nous connaissons trop les conséquences des politiques répressives qui précarisent encore plus les personnes prostituées. Et nous comptons sur les régions pour soutenir financièrement les associations de terrain notamment la nouvelle association pour les garçons prostitués à Bruxelles...
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compétences régionales en matière de prostitution
Par Cécile Cheront , May 11, 2009
Je me permets de réagir à votre article sur la prostitution. En effet il s'agit d'une matière complexe car elle concerne à la fois la politique fédérale (en ce qui concerne les droits des étrangers, les droits des travailleurs, le maintien de la sécurité, la lutte contre la traite des êtres humains...), les régions (en matière d'accès à l'aide sociale et à la santé et de cohésion sociale), les communautés (en matière d'accès aux projets de promotion de la santé et de prévention des IST)et les communes (en matière de gestion de l'ordre public). Les communes doivent prendre les décisions qui s'imposent en fonction de la réalité locale, en tenant compte de l'historique de la présence de la prostitution sur leur territoire, de la présence ou non d'une criminalité associée, de la pression des riverains et des investisseurs immobiliers etc...
Nous comptons beaucoup sur les parlementaires fédéraux pour qu'ils bloquent tout éventuel projet de loi qui irait dans le sens de réprimer la prostitution entre adultes consentants. Nous comptons sur les ministres régionaux pour qu'ils soutiennent les asbl qui proposent une aide sur le terrain et notamment à Bruxelles où il n'existe plus de projet spécifique pour les hommes qui se prostituent... Et nous faisons du lobying au niveau de Charleroi, Liège, Schaerbeek etc... pour qu'ils ne chassent pas les prostituées de rue vers des zones insalubres et qu'ils appliquent également une politique de tolérance par rapport aux bars et aux maisons privées. En matière de cohésion sociale, nous espérons que les régions et les communes vont commencer à prendre en compte la problématique de la prostitution afin de permettre aux citoyens de mieux comprendre les réalités des personnes prostituées. Dans ce domaine, la région bruxelloise est déjà active et Schaerbeek est la seule commune qui inclut la prostitution dans son Plan de Cohésion Sociale! S'il faut distribuer des bons points, merci à Pascal Smet et à Bernard Clerfayt!

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