Posté par: so dans Coups de gueule

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C'était prévisible et c'est arrivé comme je l'avais laissé entendre lors des discussions sur le budget 2012 de la Région : les primes "énergie" de la Région de Bruxelles-Capitale ont été touchées de plein fouet par la suppression au fédéral de la possibilité qui existait, jusque quasi la fin de l'année dernière, de déduire une partie des investissements économiseurs d'énergie (isolation des murs par l'extérieur, double vitrage, chaudière à condensation, pompe àchaleur, chauffe-eau solaire).

Entre le mois de juin 2011 et le même mois de 2012, le nombre de dossiers de demandes de primes régionales a fondu comme glaçon dans une tasse de thé chaud puisque le nombre de ces demandes a diminué de moitié.

Le gouvernement régional se devait de réagir. Mieux valait tard que jamais, il l'a fait tout récemment en décidant de majorer de manière fort importante les différentes primes dites énergie qu'il avait dans son arsenal. De combien ? De 100 % ni plus ni moins.Et de plus encore pour certaines selon le niveau de revenu du ménage.

Si l'on ne peut que se réjouir de ce coup de fouet donné au secteur de la construction qui est à la peine depuis le début de cette année, je ne peux manquer de trouver cette augmentation pour le moins tardive, très dérangeante au plan de l'équité et également inquiétante pour le budget de demain.

En effet, le ménage qui aura introduit son dossier dans le courant du premier trimestre de cette année devra se dire qu'il aurait beaucoup mieux fait de ne rien faire, c'est-à-dire de ne rien investir, puisqu'il ne bénéficiera, en fin de compte, que d'une aide largement inférieure à celle dont bénéficiera le ménage qui avait décidé de ne rien faire et qui verra ainsi son attentisme récompensé d'une prime doublée par rapport à celle du premier ménage évoqué.

Par ailleurs, on aurait pu espérer que la Ministre allait mettre cette "mise à jour" du niveau des primes pour reconsidérer dans le même temps certains des éléments techniques qui se trouvent rejetés du champ d'élection des primes (voir mes billets antérieurs sur ce sujet) mais, à première vue, rien n'est dit sur l'extension du champ d'application des primes en question. On ne peut que regretter ce manque d'ouverture d'esprit qui semble surtout résulter d'un dogmatisme qui ferait crier d'effroi plus d'un(e) s'il était de nature confessionnelle!

Enfin, qu'adviendra-t-il demain, c'est-à-dire en 2013, si les ménages se mettent à reprendre le chemin des guichets pour obtenir ces primes qui se trouvent aujourd'hui à ce point dopées que certains des travaux concernés pourraient, dans certains cas, être pris en charge jusqu'à 75 % de la facture par la Région de Bruxelles-Capitale? Dopera-t-on alors l'enveloppe budgétaire pour suivre le nouveau rythme des dossiers introduits ou le taux des primes sera-t-il revu à la baisse dans ce cas pour être en mesure de satisfaire tout le monde ?    

Quand on sait que le budget de 2013 sera le dernier budget avant l'année des élections régionales, il y a gros à parier que ce ne sera pas l'option "économie des moyens" qui sera choisie. Comme on le voit, le vers est bien dans le fruit. Et s'emploie activement à y rester.

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