Posté par: so dans Dans la presse

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Sophie Brouhon sans concession pour le budget.

Place au budget 2013. En tout cas aux débats le concernant, ce lundi, en commission, au Parlement bruxellois, avant de passer au vote, fin décembre. En attendant le rapport de la Cour de comptes, qui permettra d’aller plus avant dans le détail (sans doute dès ce lundi), le SP.A, par la voix de Sophie Brouhon, nous livre son analyse. Et s’inquiète de l’avenir de la Région – en 2015 en fait – quand celle-ci ne bénéficiera plus du mécanisme de solidarité (76,2 millions d’euros) pour relever ses défis.

« Ce budget, le dernier de plein exercice de gouvernement, puisque, en 2014, il y aura des élections, est censé incarner la vision budgétaire de ce gouvernement et comment il inscrit Bruxelles dans l’avenir, explique-t-elle. Or, les chiffres montrent qu’on finance nos nouvelles dépenses à travers nos recettes qui sont essentiellement le refinancement – 104,666 millions d’euros – et la dotation de solidarité – 76.2 millions – qui compense le fait que nous sommes “plus pauvres” que l’année dernière.

Pour Sophie Brouhon, « c’est d’autant plus inquiétant que ce budget est censé préparer le futur. Or, en 2015, il n’y aura plus de solidarité, même s’il y aura certes une compensation de 52 millions par an qui sera versée pendant 10 ans, avant d’être ramenée à 0 entre 2025 et 2035. Cela signifie que même si on continue à s’appauvrir ce ne sera plus compensé ». Et de rappeler que le revenu moyen par habitant à Bruxelles était 13,7 % en dessous de la moyenne belge au début de la législature (2009) et qu’il est de – 17,9 % aujourd’hui, sans qu’on perçoive de signes tangibles d’une inversion de la tendance.

« Quant au financement, poursuit-t-elle, on va encore percevoir 236 millions d’ici 2015, mais on doit en même temps continuer à améliorer le solde pour 131 millions. Sans autre revenu « propre » ça nous laisse avec un budget de 100 millions par an pour développer la Région, alors qu’elle s’apprête à devoir assurer des nouvelles compétences ».

Politique de saupoudrage 

Selon la députée socialiste, le gouvernement régional ne fait pas grand-chose, depuis trois ans, pour éviter de faire plonger la Région dans le précipice en 2015 : « On n’a pas créé des marges. On a au contraire augmenté nos dépenses, sans faire d’efforts particuliers dans des domaines ou des politiques qui doivent nous permettre de supporter la fin de ce mécanisme de solidarité. A-t-on vu des résultats au niveau de la politique d’activation de l’emploi ? A-t-on vu une amélioration de la mobilité pour que les entreprises restent chez nous au lieu de quitter Bruxelles ? Pourquoi n’applique-t-on pas la taxe sur les logements inoccupés ?

Sophie Brouhon relève que « le fédéral est dans une réflexion quotidienne sur la rigueur budgétaire. Il y a des discussions, des arbitrages et on fait des choix. Nous, on attend de voir ce qui va se passer en 2015 et on saupoudre. Quand on est dans une situation difficile, c’est comme dans un ménage : préfère-t-on aller au restaurant ou acheter des chaussures au gamin ? Ici, on fait plaisir à chaque ministre pour qu’il puisse mener sa petite politique et avoir son petit bilan, sans conséquence perceptible pour le citoyen ». Bref, « ce gouvernement manque d’un pilote et d’une vision. Ce n’est pas une équipe. Le prochain gouvernement va devoir lever des impôts, en raison de l’imprévoyance de l’équipe Picqué ».

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