Au soir des élections communales, tous les présidents des partis francophones tenaient le même discours : ils disaient tous avoir été les grands gagnants de la consultation communale.
Thierry Giet faisait état que le Parti Socialiste avait le plus grand nombre de conseillers communaux, Charles Michel parlait des progrès effectués par son parti en nombre de sièges tandis que Guy Lutgen se félicitait de l'avancée de ses troupes à Namur, à Mouscron et à Bastogne se donnant ainsi des allures de grand triomphateur de la joute électorale. Les Ecolos ne cessaient de mettre en avant qu'ils avaient conquis un maïorat à Watermael-Boitsfort et qu'ils avaient signé un gros succès tant à Amay qu'à Ottignies, bref que tout avait été pour le mieux pour eux. Si l'on ajoute à ce tableau les déclarations tenues par Olivier Maingain qui se félicitait des très gros scores obtenus par plusieurs des bourgmestres FDF dans la Capitale ainsi que celles des représentants du PTB qui se réjouissaient de leur percée dans plusieurs des communes wallonnes, on pouvait se dire que tout le monde avait gagné et que nul n'avait donc perdu. Ce qui est évidemment impossible en bonne arithmétique élémentaire...
Qu'en a-t-il été plus exactement ? Même s'il reste encore quelques lieux où tout n'est pas encore décidé en matière d'alliance définitive, il est aujourd'hui possible d'y voir plus clair et même de faire un premier bilan pour ce qui concerne le volet francophone des élections communales.
La Libre Belgique a été la première à dresser le tableau qui se dégage des chiffres issus de l'élection du 14 octobre dernier. Elle avait choisi les critères suivants : le nombre de bourgmestres obtenus (en majorité absolue ou en coalition), le nombre de conseillers communaux, le nombre de majorités dans lesquelles se trouvent les partis. Elle avait également comparé le nombre de conseillers communaux et avait établi un classement des partis, en se basant sur les résultats provinciaux, là où les listes sont "chimiquement pures". La comparaison avec les dernières élections fédérales de 2010 devenait ainsi plus pertinente.
Quels sont les principaux enseignements de ce travail de clinicien politique ? Le PS demeure la première force politique de Wallonie et de Bruxelles. Tant en nombre de conseillers communaux qu’en pourcentage électoral aux élections provinciales, le PS marque le paysage politique de sa couleur. On relève cependant toutefois un assez sensible recul du PS par rapport aux élections de 2010 et même par rapport au scrutin communal de 2006 qui n'avait pourtant pas été favorable aux candidate(e)s socialistes..
L’élément le plus marquant de toutes ces données ainsi traitées est la percée du MR qui dépasse le PS en nombre de bourgmestres. Avant ces élections, le PS disposait de 105 bourgmestres, il n’en a plus aujourd’hui que 93 alors que les libéraux en ont conquis 31 nouveaux et ont en désormais 101. Aux élections provinciales, le parti de Charles Michel est le seul qui progresse tant par rapport à 2006 (plus 0,41 %) que par rapport à 2010 : le progrès dépasse les 5 %.
La performance du CDH est nuancée : le parti de Benoît Lutgen progresse par rapport à 2010 (2,34 %) mais recule par rapport à 2006 (2,4 %). Les résultats des verts sont un peu meilleurs qu’il y a deux ans et six ans mais, par rapport aux régionales de 2009 (18,54 %), la chute est sévère. En revanche, les verts ont beaucoup progressé en nombre de conseillers communaux.
Pour ma part, ce qui m'est apparu comme étant le fait le plus marquant des résultats issus des dernières élections qui ont eu lieu en Région bruxelloise et en Région wallonne est le cinglant échec qu'a subi le PS tant à Schaerbeek qu'à Molenbeek, deux lieux sur lesquels il misait beaucoup pour lancer son opération de remplacement de Charles Picqué à la tête de la Région bruxelloise. Une Région bruxelloise qui est la grande perdante de ces élections quand on voit le nombre d'acteurs politiques qui, dès les résultats communaux connus, ont annoncé qu'ils allaient désormais se consacrer plutôt à leur terreau communal qu'à l'espace régional où ils exerçaient pourtant quelques parts de responsabilité politique.
Oui, ce repli sur soi est bien la marque la plus impressionnante qui se dégage de ces élections dernières élections communales qui ont eu lieu dans le pays. Que ce soit en Région wallonne, à Bruxelles ...ou ailleurs....


