Chaque Belge produit en moyenne 466 kilos de déchets chaque année. Au plan national, les statistiques relatives au traitement des déchets donnent les chiffres suivants: Compostage 22%, Incinération 37%, Recyclage 40%, Mise en décharge 1%.
Si la Belgique se distingue pour ses performances dans la gestion des déchets (dans la mesure même où à peine 1% de ceux-ci finissent en décharge contre 100% en Bulgarie et 82 % en Grèce), notre pays pourrait mieux faire, surtout en matière d'incinération et/ou de recyclage. En effet, alors que l'objectif européen se situe idéalement autour 20 % de déchets brûlés, ils représentent encore 37% aujourd'hui en Belgique et, surtout, ils atteignent même 75 % à Bruxelles. Là est bien le problème !
Bruxelles génère entre 2 et 2,5 millions de tonnes de déchets par an. Parmi ceux-ci, un peu plus de 400.009 tonnes, soit 400 kilos par habitant par an, sont non seulement des déchets ménagers mais également des déchets provenant des écoles, des petits commerces ou de bureaux. Parmi ces déchets, près de 50% en volume et 26 % en poids sont des déchets d'emballages.
Malgré une notable évolution de 20 % d'augmentation pour l'année 2010, le taux de collecte sélective reste encore timide dans la capitale. De moins de 25% aujourd'hui, le taux de recyclage doit fortement et rapidement progresser si notre Région, qui postulait encore il y a peu le statut de Capitale verte européenne mais qui fut tout aussi vertement recalée, veut atteindre l'objectif européen de 50 % en 2020. En Flandre et en Wallonie ce taux dépasse déjà 70%, dans les villes scandinaves il atteint même 90% : les exemples qui démontrent qu'une collecte sélective est possible sont nombreux et soulignent à quel point l'ambition de ce gouvernement est réalisable faute d'être ambitieuse.
La Ministre de l'Environnement Evelyne Huytebroeck défendait cette semaine au Parlement sa nouvelle ordonnance "déchets". Cette transposition de directive européenne impose en Région bruxelloise une nouvelle hiérarchie de gestion des détritus: priorité est donnée à la récupération des produits et des matières par rapport à la valorisation énergétique. C’en est donc fini du tout à la poubelle et à l’incinérateur ! Désormais, il faudra, dans l’ordre : 1) éviter les déchets ; 2) réutiliser les produits ; 3) recycler les matériaux ; 4) valoriser l’énergie ; 5) incinérer ou mettre en décharge (ce qui n’existe pas à Bruxelles).
Si les initiatives répondent à une vraie nécessité, on ne peut pas ignorer que cette ordonnance fait la part belle aux institutions mais pas aux ménages bruxellois : la plupart des habitants occupent des appartements et cela aurait mérité des mesures de gestion des déchets typiquement urbaines. A commencer par la réalisation de cette promesse faite de longue date d'installer deux ou trois parcs à conteneurs supplémentaires d'ici la fin de la législature. Là n'est d'ailleurs pas le seul manquement par rapport aux engagements pris ..
Alors que l'accord de gouvernement avait prévu une série de mesures à mettre en place, ni l'unité de traitement des déchets organiques par voie de biométhanisation, ni le centre de récupération et de revalorisation de déchets et encore moins le réseau de déchetteries ne verront le jour sous cette législature. En effet : le gouvernement met en place deux nouvelles taxes pour financer ces importants investissements mais celles-ci ne produiront des recettes au plus tôt qu'en 2014. Ainsi, malgré l'urgence, la Ministre refile au prochain gouvernement la réalisation du plan ainsi que les discussions sur les répercussions financières de ces nouvelles taxes et investissements pour les ménages ainsi que celles sur le prix des sacs blancs. Chacun appréciera...
Par manque de place dans les logements bruxellois, la multiplication des parcs à containers à proximité est prioritaire mais, pour rencontrer les ambitions bruxelloises, la diminution des sacs blancs est fondamentale. Cela doit se faire via des alternatives vertes et sociales pour aider directement les ménages qui veulent s'inscrire dans le principe du "less is more". On le sait, plus de déchets dans les sacs bleus veut aussi dire moins de déchets dans les sacs blancs : le Gouvernement doit rapidement veiller à ce que plus de plastiques puissent être recyclés dans les sacs bleus. A court terme, je suis partisane de mesures concrètes qui permettraient aux Bruxellois d'abandonner leurs emballages superflus dans les magasins où ils font leurs achats, une sorte de retour au pollueur ..
Un an après la transposition de la directive européenne "Energie", les partis verts de la majorité ont à nouveau manqué une chance de combiner politique écologique et politique sociale. Cette transposition constituait pourtant une véritable opportunité de jouer la carte de la promotion du service à rendre aux citoyens !


