Le 1er mai. La chaleur, la foule, et l'intense émotion de se réunir pour célébrer des valeurs communes sur l'air de l' « Internationale ».
De Sainte Catherine où se sont réunis le Sp-a et Groen à la place Rouppe où la FGTB a fixé son traditionnel rendez-vous, j'observe et une question me taraude :
La fête du travail mérite-t-elle encore son nom au vu de la crise, des millions de victimes qu'elle fait en Europe et des plus de 20 % de chômeurs que comptent notre Région? Fin janvier, le chômage en Région de Bruxelles-Capitale a augmenté de 1,2% pour se fixer à 95.264 demandeurs d'emploi inoccupés.
Malgré ces chiffres, la réponse est oui, si l'on considère le travail comme le fait d'être actif, de participer de quelque manière que ce soit à un projet de société et, surtout, si l'on se référencie à ses origines car, françaises ou américaines, elles restent le symbole de l'émancipation de millions de travailleurs qui, à coup de grèves et de combats, ont obtenu des améliorations fondamentales de leur niveau de vie comme la journée des 8 heures de travail par exemple.
Elle reste le symbole d'une lutte engendrée au début du siècle pour défendre les intérêts des travailleurs mais dont l'enjeu a changé aujourd'hui.
Ce 1er mai, points centraux des revendications : la revalorisation du pouvoir d'achat, les interventions publiques pour sauver les emplois, les 32 heures de travail par semaine sans perte de salaire et avec embauches compensatoires, l'arrêt de la commercialisation du secteur des soins de santé, le refus du chômage technique pour les employés, plus de moyens publics pour l'enseignement,...
On le sait, un des défis majeurs pour Bruxelles est celui de l'emploi et de l'insertion des Bruxellois dans l'emploi et le travail.
Pourtant, paradoxalement, comme le rappelle le gouvernement bruxellois, « Bruxelles est le premier bassin du pays, proposant quelque 688.000 postes de travail. A elle seule, Bruxelles réalise près de 20 % du PIB du pays. En termes de PIB par habitant, Bruxelles est la deuxième ville la plus performante, après Londres. »
Il est donc plus que temps de réagir, de faire de notre enseignement en véritable levier pour l'emploi en le rendant performant et de qualité, de mettre sur pied des formations adaptées au marché de l'emploi et, ainsi, d'être prêts à accueillir dignement les futures générations.
Il s'agit également de mener une politique économique qui soit plus active que réactive. Une politique qui cherchera à s'inscrire dans un pôle de développement plus large que celui des limites notre seule Région et dans lequel nous n'assisterons plus à une concurrence effrénée au niveau de l'accueil des nouvelles entreprises....
L'avenir de la Région sera celui qu'elle en fera et non celui du laisser-faire.


