C'est demain, jeudi 9 avril, qu'a lieu en Algérie l'élection présidentielle que le président sortant, M.Abdelaziz Bouteflika, est déjà assuré de gagner.
Il se présente cette fois sous l'étiquette de candidat indépendant. Face à lui, il n'y a que des « lièvres », c'est-à-dire cinq candidats sans relief qui ne servent, de fait, qu'à légitimer l'élection de M. Bouteflika. Quant à la véritable opposition, elle a appelé à l'abstention et dénonce avec force toutes les irrégularités dont le pouvoir en place s'est rendu coupable tout au long de la campagne et qui, selon ses dires, devraient connaître leur apothéose lors du scrutin même.
Ainsi, une fraude massive est prévisible afin que le troisième sacre de M.Bouteflika, qui sera plus « Zaïm » que jamais, apparaisse brillant tant aux yeux de la population algérienne qu'au regard de la communauté internationale. Avant même que le scrutin ait eu lieu, le taux de participation a déjà été arrêté : selon le premier ministre, M.Ahmed Ouyahia, le taux devrait atteindre 65 à 70 %
Comme on peut s'en rendre compte, ce n'est pas encore cette fois que le peuple algérien aura eu la possibilité de se désigner un président de manière parfaitement démocratique. Constat désolant pour cette population dont l'histoire est marquée de souffrances, de combats pour l'indépendance et de crimes commis par des fanatiques religieux.
Faut-il désespérer pour autant de voir un jour l'Algérie et tous les pays qui l'entourent devenir des nations où il sera possible d'exercer son choix politique de manière aussi libre qu'il nous est donné, et sera donné le 7 juin prochain, l'occasion de le faire ?
Je ne le pense pas. Mais c'est pourquoi notre Région doit jouer un rôle actif dès lors qu'il est question d'émancipation des populations venant de pays où les libertés démocratiques sont bafouées : pour faire naître et répandre, partout et toujours, cette liberté d'expression qui reste encore réservée à quelques pays priviligiés.



par la Cour des comptes.