Je est une autre

Posté par: so dans Sur le terrain

Taggé dans: communautés

Ce matin je suis sortie de mes rêves un peu avant 9h, un magnifique soleil brillait par la fenêtre.

Comme hier et les jours d'avant, l'eau fraîche en coulant sur mon visage et la chaleur du thé qui se glisse dans mes veines pour chatouiller tout mon corps achevaient de me réveiller. En chemin je croise les même habitués : la voisine avec son chien, le libraire de l'arrêt de bus et son petit mot gentil quand je prends le journal, le serveur qui dresse sa terrasse pour la journée. C'est mercredi et tout semble comme avant.

Comme avant ... quand j'étais francophone ! Est-ce que ce matin tout n'aurait pas dû être différent puisque je me suis réveillée néerlandophone selon l'administration ?

Car c'est ainsi que la loi électorale traite les Bruxellois : lorsque vous entrerez dans l'isoloir, il ne vous suffira pas de savoir qui vous êtes, d'être riche de votre culture, de votre langue et de soutenir un projet. Non: vous devrez adhérer temporairement et exclusivement à une communauté avant de pouvoir exprimer votre voix.

Vous devrez opter pour le «collège électoral néerlandophone» afin de pouvoir voter pour un projet dont l'essence même est la suppression de ce principe de discrimination, de ce renoncement à sa propre identité culturelle.

Peut-on trouver démocratique l'imposition de la sous nationalité à Bruxelles ?

Rien n'est plus pernicieux que d'enfermer quelqu'un dans une identité de race, d'orientation sexuelle ou linguistique. Plus on est identifié par cela, plus on s'enferme dans une identité figée alors que nous sommes tous au cœur de multiples appartenances et que nous partageons le même quotidien, la même ville...

Et, j'en suis convaincue, la même ambition pour le futur : Bruxelles sans complexes.

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