Le courage politique

Posté par: so dans Coups de gueule

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C'est ce 3 juin à 20 heures qu'aura lieu aux Facultés universitaires Saint Louis (au 43 Boulevard du Jardin Botanique) un débat sur le courage en politique. Beau sujet que celui-là.

Pour la circonstance, les organisateurs, la Fondation Bernhein et le journal « Le Soir »,  ont invité une série de personnalités ou de mandataires politiques qui, outre le fait notable qu'ils proviennent d'horizons politiques les plus variés, présentent pour point commun celui d'appartenir  à la seule et même communauté d'expression française.

Ce n'est pas la première fois que je dénonce ici ce véritable mur que les médias et organisateurs de débats ou de colloques ont, tant du côté francophone que du côté néerlandophone d'ailleurs, érigé entre les partis francophones et partis néerlandophones selon leur propre appartenance linguistique.

En effet, même si la comparaison ne manquera pas de heurter certains, j'ose dire que ce phénomène de rejet quasi systématique s'apparente selon moi à cette détestable forme d'apartheid que, comme un seul homme pour ne pas dire comme une seule femme, l'intelligentsia et tous les partis démocratiques n'ont pas manqué de dénoncer d'une seule voix quand les Noirs d'Afrique du Sud ne se voyaient pas reconnus les mêmes droits politiques que les Blancs de ce même pays.

Aujourd'hui, à Bruxelles, la situation est semblable dans le domaine de l'information politique du citoyen tant il est difficile, voire quasi impossible,  pour un homme ou une femme politique d'une communauté linguistique de se faire entendre correctement, via les médias, par les membres de l'autre communauté linguistique.

Je trouve cette situation particulièrement préjudiciable pour la bonne santé démocratique de notre Région et c'est pourquoi j'ose dire, faisant preuve là d'une certaine forme de courage politique car le propos ne sera sans doute pas toujours accueilli avec un juste discernement, que nous nous conduisons mal en général en cette matière car nous ne respectons pas fondamentalement l'une des plus belles vertus qui soient de notre régime dit démocratique, celle qui est sensée favoriser la liberté d'opinion de tout un chacun.

Tant elle est fréquente même si elle est assez désolante, l'annonce de cette « unicité linguistique » des orateurs et oratrices ne m'aurait dérangé qu'à demi si cette activité, ô combien louable en soi, n'était présentée de fait comme étant un débat devant servir à alimenter la réflexion politique du citoyen. 

J'aurais aimé, vous l'aurez compris, faire partie de ce panel de conférenciers qui auront l'occasion de s'exprimer sur ce qu'est, selon eux, le courage politique.

J'aurais aimé pouvoir dire à l'assemblée pourquoi, en tant que francophone, j'ai rejoint la liste néerlandophone du Sp.a conduite par Pascal Smet et pourquoi j'ai effectué cette démarche qui m'a coûté, pour ce faire, le droit de pouvoir conserver mon identité administrative francophone.

J'aurais également pouvoir dire à l'assemblée pourquoi, à mes yeux, Pascal Smet est le seul homme politique bruxellois, je dis bien le seul, qui, pour l'instant, ait le véritable courage politique de présenter, sans peur d'affronter l'impopularité de toutes celles et de tous ceux qui ont un intérêt particulier et immédiat à ce que les lignes du panorama institutionnel bruxellois ne bougent pas, un projet aussi clair que fort pour le devenir de notre Région.

J'aurais également pouvoir dire à l'assemblée en quoi, selon moi, les partis politiques francophones manquent aujourd'hui singulièrement de courage politique tant ils se cantonnent dans une attitude défensive en matière de financement de la Région. Cette attitude ne fait que le jeu de ceux qui n'attendent que le moment d'une nouvelle grande négociation institutionnelle pour imposer des conditions qui seront considérées alors, par ces même attentistes, comme autant d'offenses faites à la communauté francophone de Bruxelles.

J'aurais également aimé pouvoir dire à l'assemblée pourquoi je refuse de continuer, en tant que bruxelloise francophone, à me laisser inscrire dans cette politique dichotomique qui permet d'accorder, en Région bruxelloise, des avantages à certains et pas à d'autres selon que les uns ou les autres relèvent des « compétences » d'une Communauté ou d'une autre. 

J'aurais encore aimé pouvoir dire à l'assemblée qu'il faut avoir, dès demain, le courage politique de donner à la Région davantage de pouvoir sur la conduite des actions qu'il lui faudra mener pour être à la hauteur des ambitions que les Bruxellois, comme les Autorités politiques des 27  pays membres de l'Union européenne, attendent d'elle et pour relever les défis d'ordre social et environnemental qui se présentent à elle mais auxquels elle ne pourra répondre si les Communes continuent à être, dans bien des domaines, autant de freins, voire des causes de blocage.

Oui, le courage politique est de clairement dire ce qu'il faut faire et de faire ce qu'il faut pour être en mesure de donner un véritable cachet à la politique et un souffle nouveau à notre régime démocratique.

Oui, le courage politique est de tenir un discours vrai. Un discours qui ait du corps et du sens.

Voilà comment je conçois le courage politique et pourquoi j'ai décidé de me présenter à ces élections sur la liste du Sp.a.                     

Commentaires (2)add
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un grand merci
Par Sophie brouhon , June 06, 2009
Au soir qui, en page 22 aujourd'hui, offre sa page Bruxelles aux "petits partis" de la campagne et replace le vote néerlandophone en ordre utile sur la ligne de départ en Région bruxelloise. La campagne quitte le ras des paquerettes ! smilies/smiley.gif
Abus
intéressant
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sophie
...
Par sophie , June 02, 2009
Illustration pour ceux qui ont raté la démonstration : http://www.rtbf.be/info/ - toutes nos émissions - mise au point - 2009 - émission du 31 mai.

Je tiens à féciliter et remercier également Bel-RTL, La dernière heure et La maison de l'Amérique latine pour avoir proposé à leurs électeurs un panorama de candidats bruxellois francophones ouvert également à ceux qui ont choisi de ne pas s'incrire sur une liste de leur famille communautaire.
Abus
intéressant
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