Depuis l’éclatement de la crise grecque, les pays européens adoptent, quasi les uns après les autres, des mesures destinées à réduire leur endettement. Pour cause de chute de gouvernement, notre pays fait un peu figure d’exception mais cela ne signifie nullement qu’il ne se trouve pas, lui aussi, dans une situation proche de l’heure de la rigueur.
On ne le dit pas assez mais il faut souligner le fait que le dernier gouvernement s’est montré assez lamentable en matière de conduite budgétaire. Certes, la crise financière, le sauvetage des banques et la baisse d’activité économique comptent pour quelque chose dans cette dégradation de la situation budgétaire toutefois, je voudrais faire observer deux choses.
La première est que, avant même l’éclatement de la bulle financière, le gouvernement (au sein duquel siégeaient les formations du CdNV (et NVa pendant un temps), Vld, CdH, MR et, last but not least, PS) s’était déjà largement écarté de la route qu’avaient tracée Johan Vande Lanotte et Freya Vandenbossche lorsque ceux-ci étaient aux commandes du budget. Route qui avait permis de terminer chaque année sans dépassement de la ligne rouge au plan budgétaire et de réduire du même coup l’endettement du pays.
La deuxième chose que je voudrais relever est, précisément, le peu de place que tient dans la campagne cet aspect plus qu’important qu’est l’état actuel de nos finances publiques pour la suite à venir, c’est-à-dire pour la politique à mener par le prochain gouvernement.
Les gouvernements des principaux Etats européens sont contraints de donner une priorité absolue à la maîtrise de leurs finances publiques et s’engagent, avec des modulations qui sont à peine différentes, dans des plans d’économies de grande ampleur. Sous la pression de leur dette, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne ont, sans parler de la Grèce qui est véritablement entrée dans un tunnel de très grosses restrictions, annoncé des cures d’austérité que l’on peut qualifier de durables. La France a également laissé entendre qu’elle s’apprêtait à adopter des mesures visant à juguler le dérapage de ses budgets et de ses finances.
La Belgique se rapproche très dangereusement de ce moment où, l’endettement ayant sa propre dynamique, elle risque de retomber à nouveau dans le précipice et il faut s’en inquiéter car, avec l’adoption de tels plans d’austérité, les premieres politiques concernées sont toujours celles de la sécurité sociale et du fonctionnement des rouages de l’Etat.
L’immobilisme du gouvernement précédent a été plus que préjudiciable pour notre pays. Il est grand temps de s’atteler à ramener de l’ordre dans la gestion des finances publiques. Histoire de ne pas laisser le pays, et les Régions avec lui…, filer vers ce trou d’où il n’est plus possible de mener une politique qui, comme le préconise le sp.a, soit aussi performante sur le front du social que sur celui de l’économique.
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