Posté par: so dans Coups de gueule

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Bruxelles à la croisée des chemins en matière de lutte contre la violence dominanteDécidément, il fait mauvais temps pour la Région bruxelloise : les nouvelles tombent les unes après les autres et tout aussi négatives pour son image les unes que les autres. Peu après que les statistiques officielles du Forem aient révélé que la Région de Bruxelles-Capitale avait été le mauvais élève de la classe belge en matière de lutte contre le chômage au cours de ces dix dernières années, voici qu'une autre étude sérieuse, élaborée par l'office statistique européen Eurostat, révèle que la Belgique est un des mauvais élèves européens en matière de criminalité ! 

Plus accablant encore : Bruxelles occupe avec un indice de 3,09 le cinquième rang (sur 27) au classement des capitales européennes si l'on se réfère au nombre des homicides enregistrés entre 2006 et 2009 par tranche de 100.000 habitants.

Ce constat est d'autant plus surprenant, voire inquiétant, que cette tendance belge à la hausse est contraire à la tendance européenne qui, elle, est globalement à la baisse. En effet, à l'échelle de l'Union européenne, la tendance reste sur la même pente que celle constatée avec constance depuis 2002: la criminalité est en recul même si cette tendance est moins affirmée dans la dernière période allant de 2006 à 2009 qu'elle ne l'était auparavant.

Pour la Belgique, les chiffres continuent à gonfler (comme c'est aussi le cas pour huit autres pays de l'Union ) : la croissance des atteintes au droit pénal reste cependant modérée pour ce qui concerne notre pays où on est ainsi passé de 1.014.349 faits enregistrés en 2006 à 1.044.242 faits en 2009, soit une progression de quelque 3%. A titre de comparaison, sur la même période, la criminalité globale a régressé de 5% en France et de 4% en Allemagne et aux Pays-Bas. 

Je ne vais pas entrer ici dans le détail des chiffres contenus dans cette analyse faite par Eurostat. Je me contenterai donc de reprendre seulement les données relatives à l'évolution, faite à partir de la base 100, pour différents segments de la criminalité globale, et ce pour la période courant de l'année 2006 à l'année 2009

criminalité globale : Europe = 94 Belgique = 103
trafic de drogue : Europe = 102 Belgique = 114
cambriolages domestiques : Europe = 103 Belgique = 108
crimes avec violence : Europe = 93 Belgique = 107
vols avec violence : Europe = 89 Belgique = 102
vols de voiture : Europe = 78 Belgique = 81

Comme on peut le constater, pour chacun des segments de la criminalité globale, les chiffres concernant notre pays sont supérieurs, ou plutôt moins positifs, que ceux de la moyenne européenne. Il serait aussi hasardeux que stupide de vouloir, à partir de ces chiffres, tirer ainsi à chaud des enseignements ou de faire des commentaires qui se voudraient définitifs. En effet, il faut se souvenir que notre pays a fait, dans la foulée de la réforme des polices, de gros efforts pour que soit enregistré avec plus de justesse par les forces de police tout ce qui était de nature à donner une meilleure représentation statistique de l'état et de la nature de la criminalité dans notre pays. Rien ne dit que, dans le même temps, pareille amélioration de l'enregistrement des infractions et des crimes ait été faite dans tous les autres pays concernés par l'étude.. Ceci pourrait être une des explications des écarts importants constatés entre les statistiques concernant la criminalité dans notre pays et celle des autres pays de l'UE.

Il n'en demeure pas moins vrai, on l'a encore bien vu avec la scandaleuse agression dont un superviseur de la STIB a été la malheureuse victime il y a une semaine, que de plus en plus d'incidents ou crimes sont commis par des individus qui, dans leur délire du droit à tout se permettre, s'autorisent à agir comme si le respect des règles de vie en commun n'avait plus cours. Bruxelles ne fait malheureusement pas exception à la règle. C'est bien pourquoi il est de mauvaise politique de penser que ce n'est qu'en ajoutant des policiers dans les bus ou aux carrefours des rues que l'on va endiguer cette montée en puissance de la violence qui se manifeste, hélas, dans tous les lieux où il y vie en commun. 

Comme le disait très justement le correspondant de France 2 à Bruxelles dans la page "Forum" du Soir de ce 13 avril, "les autorités belges et bruxelloises doivent cesser de faire l'autruche". Oui, il y a beaucoup trop d'impunité à Bruxelles et, à coup sûr, une trop grande "compréhension" à l'égard de celles et de ceux qui franchissent, quand ils ne les piétinent pas, les lignes rouges du savoir-vivre ensemble. Le laxisme doit être combattu avec fermeté. Il y a trop d'agents dits d'autorité qui, dans notre Région, n'assument en fait aucune autorité réelle.

La responsabilité incombe au politique de montrer l'exemple en cette matière et il faut bien reconnaître que certains se voilent encore la face dès lors qu'il est question de faire la chasse à la délinquance ou, tout simplement même, aux incivilités. Les partis de progrès ne peuvent pas, au nom de la protection de leurs propres intérêts politiques, fermer les yeux sur ce phénomène grandissant de la violence faite au concept même de la solidarité. 

Aussi, j'en appelle le gouvernement bruxellois, qui se targue d'être un gouvernement ouvert aux idées progressistes, de sortir de sa torpeur. Et de fixer plein cap en direction de ce défi qui se fait de plus en plus menaçant pour la Région et qui ne peut se régler que par une réponse "coordonnée, globale et professionnelle" à l'ensemble des problèmes qui se posent à la société bruxelloise. 


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