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Les socialistes flamands éreintent le “consensus mou” autour de Bruxelles.

Les socialistes flamands sont le seul et unique parti à avoir déposé une note de travail sur la table concernant le devenir de Bruxelles, lors de la préformation gouvernementale menée par Elio Di Rupo. Cette note, titrée "Pour une nouvelle répartition des compétences entre la Région bruxelloise et les 19 communes", était une base pour la négociation - en contrepartie d’un refinancement de la Région bruxelloise réclamé par les partis francophones. Depuis, la préformation a échoué, mais l’exigence flamande de réorganisation de la capitale demeure un préalable à tout apport financier pour Bruxelles.

Avec cette note, le SP.A torpille - en passant - les travaux que mène actuellement un groupe de "sages/techniciens" qui planche sur une réforme des structures bruxelloises. Ce groupe, où PS, MR, CDH, Ecolo, CD&V, Open VLD, SP.A et CD&V sont représentés, doit remettre ses conclusions vendredi au ministre-président Charles Picqué. "Mais le rapport de ce groupe est très limité", fustige Elke Roex, la chef de file du SP.A au Parlement bruxellois. "C’est un consensus mou qui émerge, on ne va pas assez loin, il y a énormément de blocages et, honnêtement, nous avons beaucoup de doutes sur cette démarche. Voilà pourquoi nous tentons de forcer le passage en déposant une note plus offensive sur la table de Di Rupo."

Selon le SP.A, la question de la Mobilité et des Travaux publics n’a été abordée qu’à moitié puisque les sages recommandent de transférer la compétence de la Mobilité vers l’échelon régional, tandis que les travaux publics demeureront en grande partie du ressort des communes. "Cela n’a aucun sens", déplore Elke Roex. Ainsi les socialistes flamands recommandent-ils que tous les travaux publics, notamment ceux ayant trait aux voiries communales, soient gérés par la Région.

 Toujours selon la note des socialistes flamands, le nettoyage de toutes les voiries sur le territoire d’une commune devient du ressort exclusif des communes. Les règlements de police sont coordonnés dans cette matière au niveau de la Région, afin que les mêmes règles et sanctions soient d’application. "Bruxelles Propreté" conserve une série de missions. Comme les tâches spécifiques de nettoyage des graffitis, le nettoyage de l’affichage sauvage sur les bâtiments publics, la désinfection, le nettoyage après les grandes manifestations qui se déroulent sur le territoire de plusieurs communes.

La Région devient compétente exclusivement pour la politique de logement, et notamment la lutte contre les immeubles vides et les chancres. L’efficacité de cette mesure pourrait encore être renforcée, estime le SP.A, par une fusion des 33 sociétés de logement public en quelques sociétés faîtières sous la coordination de la Région bruxelloise.

Afin de parvenir à davantage de transparence et d’intégration en matière de lutte contre l’insécurité à Bruxelles, le ministre-Président hériterait d’une tâche "d’observation et de coordination" dans la Région de Bruxelles-Capitale. Cette tâche impliquerait la confection d’un plan global de sécurité, afin de mener une politique bruxelloise de sécurité homogène et la coordination des plans zonaux de sécurité et du monitoring de la sécurité. Mais encore : l’harmonisation des règlements de police, un registre unique de la criminalité, la coordination des corps de polices spéciaux et de la police du métro, la coordination des équipes spécialisées de recherche

L’un des techniciens du groupe des "sages/techniciens" devant remettre son rapport vendredi nuance cependant le tableau très sombre dépeint par le SP.A. "Il est certain, dit-il, que nous avons dû respecter un mandat : nous ne pouvions pas dépasser les limites qui étaient les nôtres, c’est un groupe politique qui va maintenant prendre le relais de nos travaux et voir comment avancer. Mais notre mission n’est certainement pas un échec, nous tentons de trouver un équilibre entre Régions et communes. L’important est de démontrer que les Bruxellois peuvent se prendre en mains; les auditions nombreuses auxquelles nous avons procédé ont été fructueuses." La N-VA de Bart De Wever n’est pas membre de ce groupe technique.

Pour Elke Roex, le rapport des sages donne "une fausse impression, on pense qu’on avance, alors que franchement on fait du surplace. Et en plus, on encadre déjà trop étroitement les travaux du groupe politique qui doit lui succéder". Reste que le SP.A, assure-t-elle, est supporter d’un refinancement de Bruxelles. "Il n’y a aucun doute là-dessus, martèle Elke Roex . Mais il y a deux conditions : que l’on renforce la Région par rapport aux communes et qu’on utilise les moyens pour une politique digne d’une grande ville, c’est-à-dire affectés à des politiques précises et destinés à profiter aux Bruxellois. Et que l’on progresse sur la base de notre note sur le partage des compétences bruxelloises."

 

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