Posté par: so dans Dans la presse

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Ces francophones à la conquête de la Flandre - O. Mouton (Le Soir)En 2009, Sophie Brouhon devient la première francophone à jamais être élue au parlement bruxellois sur une liste flamande. Longtemps active dans des cabinets PS, elle a choisi le SP.A pour se présenter aux électeurs. « C’est sur le contenu du programme que je me suis décidée, dit-elle. La dynamique du projet SP.A m’attirait plus : ouvert, plus précis, plus audacieux. Il part d’une vision de la ville basée davantage sur l’humain que sur l’administratif. Avec une volonté très claire de briser le lien communautaire. » 

L’élue dit ne pas être partie « à la conquête » de la Flandre… « J’ai plutôt le sentiment d’être un trait d’union. Je n’ai pas quitté une communauté pour une autre, un parti pour un autre. Je reste Bruxelloise, francophone et socialiste. Mais je perçois mieux ce que vit l’autre communauté… »

L’expérience est à la fois sereine et difficile. « Le travail est passionnant. Je suis devenue membre du bureau du parti, cela prouve qu’il y a de la place pour ce trait d’union. Mais ce n’est pas toujours évident de se retrouver entre deux chaises. Du côté francophone, certains peinent à comprendre cette sympathie ou cette attirance. Et du côté flamand, on a parfois une image figée de Bruxelles contre laquelle je dois me battre. » 

Ce choix, en outre, est irrévocable. « Je suis administrativement flamande pour avoir ce droit-là. J’ai ma carte d’identité en néerlandais. Je ne pourrais plus jamais me présenter dans un parti francophone à Bruxelles. Par contre, je ne suis pas assez flamande pour pouvoir travailler dans l’administration flamande ou mettre des enfants dans une crèche flamande. C’est un peu schizophrénique. » 

Mais ce travail de fond, dit-elle, paie dans l’évolution des débats. Correspond parfaitement à ce qu’est réellement Bruxelles. « Dans dix ans, je suis sûre que je ne serai plus la seule dans le cas. »

 

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