Fin octobre 2012, Sibelga comptait 20.368 limiteurs de puissance, soit un tiers de plus que trois ans plus tôt. Il s’agit de 4% des clients contre 1,5% en Flandre. La facture énergétique encore trop élevée en est la première cause : « Nous avons prévu la hausse du nombre de limiteurs de puissance en 2011 déjà. Un quart des Bruxellois vit sous le seuil de risque de pauvreté. Ils doivent également payer cette facture énergétique élevée. Pourquoi n’adressons-nous pas ce problème à la source ? »
Un Bruxellois sur quatre vit sous le seuil de risque de pauvreté. En raison de la facture énergétique élevée, de plus en plus de Bruxellois éprouvent des difficultés à payer leur facture. Il s’agit principalement de clients qui ne bénéficient pas d’un statut protégé. Un limiteur de puissance peut dans leurs cas être installé à la fin du contrat avec le fournisseur mais pareil limiteur de puissance n’autorise qu’une quantité minimale de courant et le consommateur est coupé radicalement.
C’est pourquoi je ne crois pas en un limiteur de puissance en soi. Le surcoût d’un compteur à budget combiné avec un limiteur de puissance est limité parce que les frais d’installation restent inchangés. Mais le compteur à budget permettrait au client "largué" de gérer lui-même sa consommation avec une carte prépayée. Tant que le compteur à budget n’est pas chargé, le client dispose d’un minimum de courant. S'il dispose de quelques sous en plus, il peut charger sa carte pour consommer un peu plus, pratique par exemple pour chauffer la salle de bains en cas de grands froids .. Un compteur à budget responsabilise tandis qu’un limiteur de puissance stigmatise. Un compteur à budget permet en effet de se raccorder à nouveau au marché privé après un certain temps.
Mais en première instance, les difficultés de paiement doivent être adressées à la source. La différence entre les factures énergétiques des fournisseurs s’élève à 500 euros par an. C’est pourquoi le ministre fédéral Johan Vande Lanotte (sp.a) a organisé une grande campagne switch pour comparer les prix des différents fournisseurs. Mais beaucoup de consommateurs hésitent encore à changer de fournisseur et trop de fournisseurs hésitent à accéder au marché bruxellois.
Les fournisseurs ne sont pas seuls responsables de la facture élevée. D’autres acteurs doivent également fournir des efforts en vue de faire baisser les prix. Aujourd’hui, 250.000 consommateurs vulnérables contribuent aux hauts dividendes pour les communes, l’éclairage public et les redevances de voiries élevées. A Bruxelles, nous payons une TVA sur les obligations de service public alors que la Wallonie y échappe via la redevance de raccordement.
En additionnant ces coûts supplémentaires on peut économiser plus de 60 euros par an, rien que sur l’électricité. Les communes, la région, Sibelga, les fournisseurs, … tous doivent contribuer à réduire la facture énergétique. « La précarité énergétique s’adresse à la source en veillant à obtenir une facture énergétique moins élevée. En même temps, il y aura toujours des mauvais payeurs. Il faut une politique rapide et claire pour ces derniers, une politique qui vise à les responsabiliser et non à les stigmatiser. »


