Les derniers sondages ont livré leurs derniers chiffres. Il y a eu celui du Standaard-VRT il y a deux ou trois jours et il y a celui de La Libre Belgique-RTL de ce matin. Les tendances sont assez semblables dans la mesure où, dans les deux cas, les nationalistes de la N-VA ont été crédités coup sur coup d'un score oscillant entre 25,6% et 26 % d'une part et où le PS tourne toujours aux alentours des 30% d'autre part.
Je me suis surtout penché sur les chiffres relatifs à Bruxelles. Que nous apprennent-ils de nouveau? Je relève surtout deux choses au niveau des intentions de vote: 1. le fort tassement des trois partis qui se trouvaient en tête de classement lors du sondage du mois de mars et 2. la forte progression du Parti Populaire qui passe de 3,9% à 8,8% et celle de l'ensemble des "Autres partis francophones" qui passent de 7,1% à 11% en l'espace de trois mois.
Reprenons dans l'ordre.
En mars, le PS était en tête du classement avec 25 % d'intentions de vote et ne se trouve plus crédité que de 19,4 aujourd'hui. La chute est rude et ne peut s'expliquer que par le fait que le discours des socialistes francophones n'est pas clair en matière de réformes des institutions. Il se dit bien ouvert à la discussion et même prêt à accepter la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde mais, dans le même temps, il apparaît comme très fermé à l'idée d'apporter de substantielles modifications aux institutions bruxelloises tout en tenant, selon les lieux et les moments, des propos qui sont proches de ceux avancés avec force par Olivier Maingain.
Le MR profite de cette dégringolade du PS dans les sondages pour reprendre le leadership mais il m'étonnerait que les libéraux violets pavoisent beaucoup car eux aussi ont perdu pas mal de plumes dans l'opinion publique bruxelloise au cours de ces trois derniers mois. En effet, ils tombent de 24,6% à 22,7%.
Ecolo est également sur une pente très descendante et paie sans doute là le prix de son inconsistance au niveau des compétences qui sont les siennes au niveau du gouvernement bruxelles. Christos Doulkeridis est ans conteste quelqu'un qui passe bien dans les débats mais ceci ne peut suffire à faire une politique qui ait du sens pour les gens.
Pour ce qui concerne les progressions, je ne suis qu'à moitié surpris de la forte avancée du Parti Populaire. Celui-ci a en effet bénéficié d'une médiatisation invraisemblable au cours de ces derniers mois et comme le verbe de son leader est aussi trompeur qu'habile à faire croire que ce parti serait un parti qui aurait le souci des classes dites populaires alors qu'il n'a d'autre objectif que d'accroître la puissance des puissants, il n'est pas très étonnnant que le Parti Populaire réalise pareille percée dans les sondages.
De la même façon, il s'agit de prendre très au sérieux la montée du score global attribué à l'ensemble des petits partis francophones. Ce score a progressé de 3,9% au cours de ces trois derniers mois. C'est beaucoup et il est à penser que c'est du côté de celles et de ceux qui attendent davantage de radicalité dans les revendications sociales ou dans l'émergence d'un particularisme bruxellois que sont venues ces nouvelles intentions de vote.
Et du côté néerlandophone?
Il y a manifestement là moins de variations. Je note néanmoins, non sans plaisir d'ailleurs, que l'Open VLD n'affiche plus la même flamboyance qu'il y a trois mois puisqu'il voit son score d'intentions de vote passer de 3 à 2,2% et que le Vlaams Belang continue à s'effriter puisqu'il n'est plus crédité que de 0,2% d'intentions de vote. Quant à la N-VA, elle ne progresse quasi pas puisqu'elle passe de 1,1 à 1,3%.
Quant au sp.a, il ne progresse pas, ce que je regrette bien évidemment :-))), mais il conforte sa deuxième position de parti flamand à Bruxelles puisque, avec ses 1,8%, il talonne désormais l'Open VLD et distancie de plus en plus Groen qui s'affaiblit un peu plus encore et qui, avec ses 0,7%, ne fait pas plus que l'ensemble des "Autres partis néerlandophones".
En ce qui concerne les personnalités, j'observe que le champion des Bruxellois n'est autre, avec Guy Verhostadt, qu'un flamand non Bruxellois et que son dauphin, avec Elio Di Rupo, n'est autre qu'un wallon non Bruxellois.
Quand, par ailleurs, je vois qu'il y a ainsi deux flamands non Bruxellois et cinq wallons non Bruxellois parmi les dix premiers nommés dans le classement des personnalités d'une part et qu'il y a même, en seizième position, un nommé qui ne se trouvait pas dans le panel des personnalités soumises à l'appréciation des 500 répondants représentatifs des "Belges" de la Région bruxelloise d'autre part, je me rends compte à quel point un sondage peut, en fonction d'une question portant sur quarante noms (dont 5 flamands bruxellois seulement), donner une fausse image de qui les Bruxelloises et les Bruxellois aimeraient voir jouer un rôle important dans le domaine ou pour compte de la politique bruxelloise...
Dans cette perspective, je constate, non sans étonnement, que Laurette Onkelinx ne figure qu'en quatorzième position juste derrière Isabelle Durant et que Philippe Moureaux ne figure pas plus que Pascal Smet dans le top 20.
Par ailleurs, quand j'observe qu'un Bart De Wever ne figurait pas plus dans le panel des personnalités proposées aux répondants bruxellois qu'aux répondants wallons alors qu'un Elio Di Rupo figurait aussi bien dans le panel bruxellois que dans le panel proposé aux répondants flamands, je me dis que ces sondages mériteraient sans doute d'être traités avec davantage de sérieux vu l'importance que d'aucuns veulent leur attribuer ou leur accordent bien (trop) volontiers.


