Posté par: so dans Coups de gueule

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On s’en souvient, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire ont annoncé il n’y a pas longtemps (c’était à la fin du mois d’octobre dernier) que le Pavillon chinois situé à Laeken, avait dû être fermé en urgence pour des raisons de sécurité. 

La Régie des Bâtiments, gestionnaire de l’immobilier fédéral, avait en effet remarqué que certains éléments décoratifs de la façade étaient sur le point de se détacher et avait décrété que « des travaux de sécurité urgents devaient être exécutés ». Les Musées avaient immédiatement établi un périmètre de sécurité autour du Pavillon, avant de décréter la fermeture complète jusqu’à nouvel ordre de tout le complexe « Musées d’Extrême-Orient », qui comprend le Pavillon chinois mais aussi la Tour japonaise et le Musée d’Art japonais.

A la fin de ce mois de novembre, c’est au tour de la prestigieuse exposition sur l’héritage de Rogier van der Weyden d’être fermée pour cause de travaux mal exécutés. Et ce un mois seulement après son ouverture ! 

Aujourd’hui, l’ampleur de l’accident apparaît clairement. Les travaux menés par Groep Monument pour poser une lourde bâche occultant le puits de lumière de l’ancien musée d’Art moderne ont entraîné d’abord bruits et vibrations pour fixer les longs crochets d’amarrage. Des vibrations vite arrêtées, mais les forages des gros trous d’ancrage ont continué, nécessitant de l’eau et laissant passer la pluie, jusqu’à créer des infiltrations et faire couler l’eau, goutte à goutte, en pleine salle d’exposition, juste à l’étage en dessous des travaux. On estime le préjudice financier à plus d’un million d’euros, sans compter la perte d’image auprès des prêteurs et des musées internationaux, même si, heureusement, il n’y eut aucun dégât aux œuvres.

Mais que se passe-t-il donc dans nos Musées ? Laisser aller ? Mauvaise gestion ? Malchance ?La faute à pas de chance ne vaut pas dans les cas précités tant il apparaît clairement que les fermetures ne sont que la conséquence d’un manque d’anticipation et aussi de moyens. Les budgets sont rabotés et les travaux de réfection ou d’aménagement sont faits au plus juste prix. Quand ils sont entrepris. Cette politique faite de bouts de ficelle a ses limites et ce sont celles-ci qui apparaissent au grand jour quand il y a lieu de fermer en urgence une exposition telle celle de Rogier van der Weyden que d’aucuns ont mis plus de quatre ans pour la concevoir et la mettre sur pied.  

Si, bien heureusement au demeurant, ces fermetures ne sont pas synonymes d’accidents et de dommages au plan des personnes, elles n’en occasionnent pas moins des répercussions plus que pénibles dans d’autres domaines, à commencer par celui de la crédibilité de nos conservateurs ou autres gestionnaires de musées qui sont ainsi montrés du doigt quand, pourtant, leur responsabilité n’est nullement en cause puisque ce ne sont pas eux qui se trouvent à la manœuvre dès lors qu’ il s’agit d’alimenter la partie recettes de leur budget. 

Mes pensées vont également vers celles et ceux qui subissent les effets les plus tangibles de l’onde de choc de ces fermetures, je veux parler des personnes qui sont exploitants ou travailleurs dans le secteur de l’horeca à Bruxelles et qui en vivent. De pareilles fermetures constituent pour eux de véritables coups durs dans la mesure où c’est une bonne partie de l’image de la politique touristique de la Région qui se lézarde un peu plus encore. 

Laissant ainsi apparaître au grand jour le véritable vide qu’est celui de l’image de notre Région en matière de promotion de nos Musées et de réalisation de grandes expositions comme il s’en tient dans les autres grandes villes du monde. Puisse le prochain gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale être autrement entreprenant que celui qui n’a rien fait pendant ces quatre dernières années pour faire en sorte que, dans le domaine culturel, notre Ville-Région soit à la hauteur de son titre de Capitale de l’Europe. 

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