Krach boursier ? Schtroumpfe qui peut ...!
Posté par: so
dans Coups de gueule
le Aug 9, 2011
Pour la onzième fois consécutive, la Bourse de Bruxelles a clôturé ce lundi 8 août 2011 en forte baisse. Les autres Bourses mondiales, qui sont plus importantes que la nôtre comme on le sait, ont fait de même. Dans le sillage des Bourses asiatiques, qui ont également clôturé en forte baisse, les places européennes ont enregistré de lourdes pertes : Paris cède 4, 68% et celle de Francfort chute un peu plus encore avec une perte de 5,02 %.
Pour les spécialistes, le doute fait plus que s'installer dans les esprits. "Les investisseurs ont de plus en plus l'impression que l'on va au-delà de la crise financière vers un risque systémique et cela auto-entretient le vent de panique qui souffle sur les marchés", résumait récemment l'un d'entre eux. "Depuis quelques jours, on est dans un scénario de découragement", ajoutait-il. Serait-on à la veille d'un krach boursier ?
Cette question, nombreuses et nombreux sont ceux qui commencent à se la poser. Il n'y a pas de définition économique précise d'un krach mais, dans la pratique, cette expression s'applique à une baisse soudaine et précipitée des actions (plus de 20% en quelques jours) touchant une ou plusieurs places financières. Aussi, quand on sait que le CAC 40, qui est l'indicateur de la Bourse de Paris, a ainsi chuté de 18% en l'espace de onze jours, il y a évidemment de quoi alimenter les inquiétudes...
Toutefois, plus que la chute des marchés d'actions, c'est une amplification de la crise de la dette en Europe qui est la plus redoutée. Déjà particulièrement malmenées par les marchés ces derniers jours, l'Espagne et l'Italie en seraient les premières victimes. Tout comme l'ont déjà été l'Irlande, le Portugal et la Grèce. Et qui se trouveraient menacées ensuite? La Belgique et le Royaume-Uni, qui, dans une mesure moindre toutefois que les pays qui viennent d'être cités, présentent un taux d'endettement considérable (c'est-à-dire un taux quasi équivalent à la valeur totale des biens et des services produits dans chacun de ces deux pays).
Si ce scénario devait se produire, la dépréciation complète de très nombreux actifs sur base desquels repose la fiabilité des transactions financières conduirait à la paralysie du marché interbancaire. On se trouverait alors dans la même situation qu'en 2008, où les banques n'acceptaient plus de se prêter entre elles, provoquant par là un véritable assèchement des liquidités permettant de financer l'économie. Avec, comme conséquence ultime, ni plus ni moins qu'une nouvelle récession mondiale.
Comme on le voit, l'heure est assez grave et la semaine qui vient de débuter s'annonce plus que périlleuse. Et, chez nous, comment l'affaire est-elle traitée par nos gouvernants ? Le plus légèrement du monde !
En effet, alors que, dans les autres pays, tout le monde s'agite dans tous les sens pour tenter d'éteindre l'incendie qui a pris feu dans la plaine, nos ministres fédéraux et régionaux sont, pour la plupart, en vacances. Mais, a-t-on appris ce lundi soir, les principaux ministres fédéraux ont tenu, ce même lundi en matinée, une réunion ministérielle par téléphone et, à l'issue de celle-ci, ils ont laissé le soin à Yves Leterme, resté au pays lui, de continuer à "gérer la baraque".
Bref, comme on le voit, il n'y a pas lieu de se faire du mouron. La maison Belgique, qui n'a pas de gouvernement réel depuis plus de 16 mois maintenant, est en de bonnes mains puisque celles et ceux qui sont appelés à constituer le prochain gouvernement sont, quant à eux, occupés, la plupart à l'étranger, à charger leurs accus avant entamer leurs négociations sur l'avenir de BHV et, accessoirement, sur les meures à prendre pour répondre aux défis de l'accroissement de la dette nationale...
Si ce n'était vrai, on croirait voir là une partie du scénario de la dernière sortie des petits hommes bleus, nos Schtroumpfs nationaux. Celle où ils se trouvent plongés dans un monde qui n'est pas le leur. Oui, je me le demande, nos ministres fédéraux et régionaux sont-ils bien conscients de ce qui se passe autour de nos frontières ? Il y a, il faut le dire en toute franchise, de quoi douter que ce soit bien encore le cas ..
