
Qu'adviendra-t-il du Holding Communal à l'issue du conseil d'administration qui se tiendra dans quelques heures et dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est celui de la dernière chance ?
A l'heure où j'écris ce billet, je ne le sais toujours pas exactement mais je tiens à vous livrer mon sentiment sur ce dossier sans être influencée par le sort qui sera réservé tantôt à cette structure bancaire créée en 1996, au moment où le Crédit Communal a cherché à regrouper les intérêts des villes et communes s'élevant alors à 964,3 millions d'euros dans le capital initial de Dexia Belgique.
On le sait, si des moyens suffisants pour honorer avant lundi une dette de 5 millions (déjà exigible ce samedi) et d'autres obligations annoncées d'ici le 7 décembre ne sont pas trouvés avant le début de ce Conseil d'administration , la cessation de paiement devra être constatée et constituera le prélude à la déclaration de faillite qui devrait alors être déposée lundi au tribunal de commerce. Si, par contre, la négociation entre les Région et le Fédéral ou, à défaut, entre les Régions, débouche sur une solution pour régler tant la question de paiement immédiat que des besoins financiers nécessaires au moins jusqu'au 7 décembre, le Conseil d'administration serait alors en mesure de poursuivre ses activités jusqu'à cette date de répit. En somme, qu'il y ait accord ou non avant le début du Conseil d'Administration, c'est la mort douce ou brutale du Holding communal.
La mort douce, c'est permettre au management du Holding de gérer au moins mal la liquidation des actifs, voire de négocier avec certains créanciers. La solution brutale, c'est la faillite gérée par des curateurs qui n'auraient d'autre souci que de liquider les avoirs restants de l'institution pour rembourser une partie de ce que celle-ci doit à ses créanciers.
Le premier point d'interrogation est la dégradation continuelle du pouvoir d'influence du Holding, et des entités qu'il était censé représenter, dans l'actionnariat et la conduite de la banque Dexia. Depuis 1996, Dexia n'a fait que l'appeler à participer davantage dans son capital tout en lui réduisant dans le même temps son pouvoir d'intervention. Les tenants de la thèse selon laquelle il était plus qu'important de répondre à ces appels n'ont-ils pas là pêché par manque de prévoyance ou, à tout le moins, par manque de discernement quand Dexia partait à la conquête d'autres marchés que celui qui constituait sa marque de fabrique.
Le Holding communal a-t-il été lui-même à la hauteur de sa tâche ou, plus précisément, est-il bien resté dans sa mission de base en se livrant comme il l'a fait à un jeu de prises de participation et d'opérations bancaires qui l'ont amené à devoir entrer dans la folle ronde des emprunts et des remboursements à court terme qui sont la principale cause de sa mort à venir ? Ainsi, entre autres exemples, le Holding a-t-il agi en bon père de famille quand, il y a quelques mois à peine, il a revendu à vil prix à l'Etat fédéral les actions dites Astrid ?
Comment se fait-il que les représentants des partis qui sont aux commandes du Holding communal et qui se trouvent également à la barre du pays ont ainsi laissé, sans jamais donner l'impression qu'ils étaient eux aussi sur le pont, le Premier Ministre et le Ministre des Finances opérer comme ils ont pu le faire tant en 2008 quand il s'est agi de recapitaliser Dexia via le Holding et les Régions (et porter le montant des actions communales à 1.771,24 millions d'euros) qu'il y a quelques semaines quand ils ont pris accord avec les gouvernements français et luxembourgeois pour dépecer Dexia, et ce, en ne tenant compte que des intérêts des seuls épargnants privés et non pas une seule seconde de ceux des Communes et des Régions qu'ils avaient pourtant appelées à la rescousse dans le cadre de la première opération . Je reste médusée devant l'apathie de ces partis qui ont ainsi laissé agir Yves Leterme et Didier Reynders comme s'il étaient de grands opérateurs bancaires uniquement concernés par le sauvetage de l'épargne privée
Les Régions ont-elles bien été à la hauteur de leurs responsabilités au cours de toute cette période durant laquelle le secteur bancaire tend à devenir un domaine d'activités ressemblant plus à un grand casino qu'à ce qu'il était encore quand il ne cherchait pas à faire des profits provenant d'opérations dites à risques ? On les a entendues il est vrai au cours de ces dernières semaines mais assez peu, il faut le rappeler, quand le Fédéral leur a fait endosser les habits de prospecteurs et de garants des fonds puisés dans l'escarcelle des Communes pour renflouer le capital de Dexia en 2009. Aujourd'hui, elles ont montré les dents et ont fait des propositions en direction du Fédéral pour voler au secours du Holding mais ont buté sur l'intransigeance d'un Ministre des Finances qui, c'est clair comme de l'eau de roche, prend manifestement son pied à voir les Régions, où le MR n'est pas au pouvoir, perdre des plumes ou, plus exactement, des moyens qu'elles ne pourront donc pas affecter à la réussite de leur politique.


