Le gouvernement wallon vient d'identifier les 35 projets majeurs appelés à constituer le plan de développement de la desserte ferroviaire en Wallonie à l'horizon 2013-2025.
Le texte est ambitieux et l'on peut même dire que ce document stratégique, qui a pour vocation d'influencer l'offre de transport public et l'aménagement du territoire au sud du pays pour les quinze prochaines années, se veut résolument audacieux.
J'aime ce genre d'audace qui permet de se rendre compte que les Autorités publiques s'inscrivent résolument dans le futur en ayant le souci de fixer, dans le cas présent, des objectifs précis en matière de transport de passagers et de marchandises par rail. C'est ainsi que l'importance d'un réseau ferré structurant de qualité est mise en évidence, non seulement pour le développement de la Région appelée à être desservie mais également pour le confort futur des usagers du train.
L'instant est stratégique. En effet, il faut savoir que l'Etat fédéral et les Régions vont devoir prochainement aboutir à un nouvel accord de coopération qui donnera le ton au prochain plan d'investissement de la SNCB pour les quinze prochaines années. Le plan wallon, qui s'élève à deux milliards d'euros, fait figure de plan de revendications. C'est de bonne guerre à l'aube d'une négociation. Dans le paquet des dossiers emblématiques, on trouve les exemples suivants: une véritable double liaison rapide entre Bruxelles et Arlon (pourquoi ne pas parler de Bruxelles-Luxembourg?), la mise en service d'une liaison entre Mons et Valenciennes, une dorsale brabançonne entre Nivelles et Court-St-Etienne, l'augmentation de capacité sur la ligne entre Mons (tiens, tiens pourquoi Mons se trouve-t-elle tant choyée?) et Bruxelles ainsi que, très belle innovation, la circulation de rames de fret à grande vitesse sur les lignes TGV existantes.
Peut-être les Autorités wallonnes auront-elles à rogner sur l'un ou l'autre de ces 35 projets ou, à tout le moins, à effectuer des priorités, voire renoncer à l'un d'entre eux pour mieux asseoir la faisabilité des projets retenus... Mais, ce qui ne manque pas d'apparaître, c'est qu'il existe là un cap et que des règles ont été fixées: garantir les fondamentaux du rail que sont la sécurité, la ponctualité et la maintenance, renforcer l'attractivité à un moment où le transport automobile devient de plus en plus cher et, par son volume, de plus en plus encombrant et polluant, renforcer l'accès au réseau pour les marchandises, rendre le réseau plus performant et, dans cette perspective, valoriser les gares ainsi que les points d'arrêt... Bref, un plan qui tient la route s'il est permis de parler de route dans un pareil contexte...
Pourquoi parler dans ces termes d'un plan qui concerne la Wallonie me demanderez-vous ? Pour deux raisons au moins. La première, que j'ai déjà évoquée, est que j'applaudis toujours quand je vois que les pouvoirs publics font preuve de créativité et de volontarisme en faveur de celles et ceux pour qui ils ont été mandatés. La seconde est que j'en attends autant, sinon plus encore, des pouvoirs publics bruxellois qui auront à marier la mise en place du réseau RER et des innovations à opérer en terme de multimodalité de transport.
Afin que, avec ce plan 2013-2025, le rail devienne, plus encore qu'il ne l'est aujourd'hui, un outil de réel développement pour notre Région et un facteur de réel désencombrement de la Ville en matière de circulation routière.... Les enjeux sont des plus importants pour notre Région. C'est pourquoi le document est attendu avec une gourmande impatience !


