Il y a quelques jours, le consultant immobilier Cushman&Wakefield publiait les résultats de l’étude "European Cities Monitor 2011", laquelle jauge, sous forme de baromètre, l’attractivité des grandes villes européennes auprès des entreprises.
Les résultats ne sont pas bons, pas bons du tout même, pour notre Ville-Région : Bruxelles glisse ainsi de la 4e à la 6e place au profit d'Amsterdam (6ème en 2010) et de Berlin (7ème en 2010), derrière le trio historique (depuis 1990) de Londres, Paris et Francfort. Le recul est plus saisissant encore si l'on veut avoir à l'esprit que Bruxelles partage cette sixième place avec Barcelone (5ème en 2010) et Madrid (8ème en 2010).
Le recul est cinglant. Il y a vraiment lieu de prêter attention à ce qui, à mes yeux, constitue une sorte de désaveu de la politique menée ces deux dernières années en matière d'attractivité internationale de la Région de ?Bruxelles-Capitale par celles et ceux qui font partie de l'exécutif régional.
Je relève que Bruxelles perd surtout des plumes dans des domaines qui concernent davantage l'irrigation de base de la ville, comme les transports intra-urbains ou le climat généré par le gouvernement en matière de fiscalité, alors qu'elle gagne du galon dans des domaines pointus comme la disponibilité du personnel qualifié ou la qualité des télécommunications. Comme on peut le constater, il y a donc à boire et à manger dans ce nouveau classement 2011 de l'European Cities Monitor.
Mais ce qui m'inquiète en fait le plus est la « dynamique » qui semble s'instaurer dans le recul de notre Ville-Région au niveau de l'appréciation que lui portent les responsables d'entreprises. Il y a deux ans, Bruxelles avait déjà entendu un coup de semonce quand elle avait vu la ville de Barcelone lui chiper cette quatrième place à laquelle elle était scotchée depuis plusieurs années. A l'époque, les Autorités en place, qui étaient donc les mêmes que celles d'aujourd'hui, avaient pris acte de ce recul tout en se réfugiant quelque peu derrière le commentaire fait par les auteurs de l'étude qui l'attribuait à « la revalorisation et à l'exceptionnellement (sic) bonne promotion de Barcelone ».
Aujourd'hui, le recul est plus net que jamais et, surtout, il se fait au bénéfice de villes qui, comme Amsterdam et Berlin, se font plus volontaristes et se dotent de plus de moyens, vu le volume de leurs investissements en matière d'aménagements de l'espace public et de l'amélioration de la mobilité, que notre Région qui se débat mal dans ses difficultés budgétaires. Elles se rendent ainsi de plus en plus compétitives et de plus en plus attrayantes aux yeux de celles et ceux qui cherchent des points d'implantation.
S'il n'y a pas encore lieu, loin de là même, de crier feu à bord et de jeter déjà les embarcations à la mer, il est grand temps, comme je ne cesse de le dire au Parlement depuis que je cerne cette problématique du city marketing de notre Région, que le gouvernement se mette sérieusement à la tâche. Pour réviser ou « resserrer » au plus vite le contenu du Plan de développement international (PDI) de notre Région d'une part et pour mieux sérier les gros investissements à réaliser d'autre part.


