le 1er ket de Bruxelles

Posté par: so dans Bruxelles ma belle

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C'est à l'issue de la déclaration gouvernementale qui sera prononcée ce mardi après-midi au Parlement que l'on devra réellement considérer que Charles Picqué n'est plus le Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale. Charles était tellement devenu, au fil du temps, l'incarnation personnifiée de cette dernière, qu'on a peine à imaginer la chose possible... 

Ce sera pourtant bel et bien le cas. Charles avait, depuis un certain temps déjà, envie de céder le relais à une nouvelle figure et c'est ainsi que, à un an des prochaines élections de toutes les échéances, Rudy Vervoort, chef de groupe du PS, prendra sa succession.

On peut comprendre l'envie de Charles. Depuis la mise en place de l'institution régionale en 1989, il a été quasi constamment sur le pont. En effet, si l'on excepte la période 1999-2004, Charles a toujours été celui qui a tenu le gouvernail de la Région. Et force est de reconnaître que la tâche n'a pas été simple tous les jours ! Dans les premiers temps, il fallait donner le cap au nouveau bateau et faire en sorte que celui-ci trouve rapidement une bonne vitesse de croisière, histoire de démontrer que la Région avait sa place et son utilité dans le grand jeu institutionnel du pays. Il lui a fallu résister aux assauts de celles et ceux qui, voyant que le rafiot bruxellois ne prenait pas eau, faisaient tout pour engloutir celui-ci sous les vagues faites de multiples contrariétés. Dont la moindre n'était pas la faiblesse du dispositif de son financement qui avait été conçu et  mis en oeuvre au moment de lancer le navire à la mer.

Après l'intermède de 1999-2004 au cours du duquel la Région vécut sur la lancée de de son premier élan, Charles revint aux affaires bruxelloises comme le patriarche qui reprend le commandement de son domaine après avoir fait un voyage en dehors de ses terres. Il y eut bien encore, pendant son troisième mandat, quelques initiatives intéressantes pour l'essor et la bonne santé de la Région même s'il fallut bien constater que le Charles d'alors n'avait plus le même feu et le même entourage que ceux qui lui avaient fait mettre en place, entre 1989 et 1999, des politiques de belle envergure régionale. Comme les contrats de quartier qui, même avec leurs défauts liés au manque de liens avec la politique de l'emploi, resteront, avec les premiers Plans Régionaux de Développement, la grande trace de Charles en matière de revitalisation de la Ville-Région.

Charles laisse également le souvenir, en tant que Ministre-Président toujours, d'une personne très attachante, ayant toujours le bon mot, ou la zwanze, pour arrondir les angles quand cela était nécessaire. Il n'avait pas son pareil pour avoir le contact avec la population bruxelloise et il n'est pas étonnant qu'il ait remporté à tant de reprises le titre de Bruxellois de l'année que les organisateurs de ce prix ont dû modifier le règlement pour permettre à d'autres de se voir attribuer cette reconnaissance.

Charles quitte aujourd'hui le navire. Après avoir plus que rempli ses quarts. Et ses feuilles de mission. Il mérite plus que de la considération pour l'ensemble du travail accompli. Oui, respect, c'est le mot qui convient. Merci Charles, je t'aime bien.

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