C'est ce jeudi 17 novembre qu'a débuté l'examen du budget ajusté 2011 et du budget 2012 de la Région. Après un court exposé du Ministre des Finances sur les grandes lignes de ces deux documents, les parlementaires membres de la Commission des finances ont eu l'occasion de demander aux représentants de la Cour des Comptes des précisions, voire leur appréciation, sur le rapport qu'ils ont produit (et qui permet ainsi à bon nombre de parlementaires de disposer d'une fort belle matière pour apparaître comme compétents en la matière).
La première grosse impression qui ressort de ce budget est que, en dépit de l'engagement que la Région allait bénéficier d'un "juste" refinancement de quelque 134 millions en 2012, peu d'efforts ont été entrepris au niveau des choix budgétaires pour donner aux politiques de l'emploi, du logement et de l'aide aux personnes des moyens correspondant aux besoins à venir pour la population bruxelloise. Pour un petit plus fait en matière d'accueil des enfants, rien de significatif n'est à mentionner dans le domaine du logement où, chaque année, la demande dépasse de plus en plus largement l'offre qui se crée sur le terrain (que ce soit en logements dits sociaux ou moyens) pas plus que dans celui de l'emploi où la tendance est à l'accroissement du nombre de demandeurs d'emploi par rapport aux nouveaux emplois attribués à des Bruxellois.
L'autre impression dominante est que la situation budgétaire n'est pas du tout marquée par une tendance à la réduction du déficit comme le veut le Pacte de Stabilité : si on tient compte de tous les manquements déjà constatés ainsi que de toutes les surestimations que j'ai déjà pu relever et souligner, le déficit du budget 2012 avoisine pour l'heure les 400 millions. La Région s'écarte ainsi de la ligne, tracée aussi bien par les Autorités européennes que par celles du Fédéral, qui impose que nous présentions en 2015 un budget à l'équilibre. Cet objectif est d'autant plus irréalisable que l'endettement ne cesse de gonfler (il est en gros équivalent aujourd'hui au montant de nos recettes, et prend donc une place de plus en plus importante dans nos dépenses en tant que charges de la dette).
Avec pareil budget, la Région de Bruxelles-Capitale montre qu'elle continue à dépenser largement plus qu'elle n'a comme moyens et qu'elle ne fait rien pour juguler au mieux cette hémorragie. C'est aussi dramatiquement irresponsable au plan politique que c'est particulièrement peu prudent au plan de la gestion même de la Cité. Ce budget expose la Région bruxelloise au "juste" reproche que d'aucuns, ai-je besoin de vous les désigner, ne manqueront pas de faire à l'égard de notre Région.
Enfin, je voudrais conclure en vous livrant un sentiment personnel. Ce sentiment, c'est celui de la désolation. Je constate avec douleur combien l'équipe gouvernementale actuelle va dans une mauvaise direction sans réaliser que nous nous trouvons dans une crise quasi sans précédent d'une part et que nous nous devons de faire des grands choix pour que notre Ville-Région puisse faire face avec efficacité aux enjeux de demain.


