La ministre bruxelloise de l’environnement Evelyne Huytebroeck appelle le gouvernement fédéral à mettre un terme à la politique dite « pro diesel ». Mais la ministre oublie qu’elle peut elle-même réduire l’émission de particules fines ..
D’une part, elle peut lancer une interdiction de circuler pour les véhicules diesel lors de pics de particules fines. D’autre part, elle peut encourager l’achat de véhicules urbains à essence en réformant la taxe de circulation. C’est déjà le cas en Flandre depuis le 1er mai. C’est facile de toujours montrer d’autres autorités du doigt et de ne pas prendre ses propres responsabilités. Le gouvernement bruxellois a du retard ici aussi alors que la majorité compte deux partis verts.
D’après une étude, environ 6.700 Belges meurent prématurément chaque année des conséquences de la présence de particules fines. Bruxelles est un hot spot pour les particules fines en raison de la circulation dense et plus particulièrement des véhicules diesel. Les concentrations de particules fines enregistrées constituent un grand risque pour la santé des Bruxellois. En outre, l’Organisation mondiale de la santé a tiré la sonnette d’alarme hier. Les gaz d’échappement de diesel sont désormais repris dans le groupe des cancérigènes aux côtés de l’amiante. Le gouvernement bruxellois ne fait rien pour résoudre ce problème.
Dernièrement, le jury qui devait juger de la candidature de Bruxelles en tant qu'Eco Capitale a déclaré que la politique visant à encourager les déplacements à vélo et à pied était médiocre à Bruxelles. La qualité de l’air laisse également à désirer. Le jury a souligné que Bruxelles manque d’objectifs en vue d’une meilleure qualité de l’air et qu’elle ne peut pas expliquer pourquoi.
Dans une réponse à une interpellation de mes interpellations, la ministre Ecolo Huytebroeck a elle-même admis qu’elle pouvait prendre des mesures pour réduire l’émission de particules fines, notamment en réformant la taxe de circulation et le plan Pics de pollution. Ce plan prévoit entre autres une circulation alternée – en fonction de la plaque minéralogique – à partir d’un certain seuil d’alarme. L’impact sur la santé serait bien plus grand avec l’instauration d’une interdiction de circuler pour les véhicules diesel en cas de dépassement du seuil d’alarme. Cette mesure d’urgence sera étudiée par le gouvernement bruxellois sur ma proposition.
Mais une interdiction de circuler est tout au plus une mesure d’urgence. Le gouvernement doit en premier lieu améliorer la qualité de l’air de manière structurelle. En Flandre, la nouvelle taxe de circulation est entrée en vigueur depuis le 1er mai. Lorsqu’on tient compte du paramètre particules fines, les véhicules diesel deviennent moins intéressants et les véhicules urbains à essence plus intéressants. C’est une mesure logique étant donné que les véhicules diesel sont responsables de 90% des émissions de particules fines. Je ne comprends pas ce qu’attend le gouvernement bruxellois pour instaurer ces mesures urbaines.


