Posté par: so dans Coups de gueule

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Le Ministre du budget Guy Vanhengel a de quoi se réjouir : alors que, en 2012, le gouvernement ne terminait l'exercice budgétaire qu'avec 124 millions de mieux que ce qui était prévu au budget initial, il frappe plus fort encore en 2013  : 160 millions de mieux que l’objectif initial ! Que sera-ce en 2014 quand on sait que les recettes régionales sont déjà sous-estimées de 56 millions ? Ah ce peye quand même : quel bon élève !

Chaque année, le gouvernement se prive ainsi de leviers d’action et termine avec plus de 100 millions dits de réserves. De la sorte, il peut certes faire bonne figure devant les banquiers mais, sur le terrain, c’est le Bruxellois qui trinque et souffre de cette rigueur excessive.

Depuis 4 ans, ce gouvernement mène une politique conservatrice qui manque cruellement de transparence. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne pense pas : la prudence budgétaire est un mal absolument nécessaire. Et même une qualité.  Mais un budget prudent, c’est d’abord un budget qui évalue correctement ses recettes et en réserve une partie de côté pour amortir les variations de l’année en cours. C'est donc tout le contraire de la méthode qui consiste à sous-estimer systématiquement, c'est-à-dire de manière calculée, ses recettes pour se fabriquer trompeusement "de la marge" dans un coin, une marge qui viendra ainsi améliorer artificiellement les chiffres en fin de parcours : tadaaa ...

La prudence budgétaire doit servir avant tout à dégager des moyens pour développer de nouvelles politiques: en arrêtant la spirale des déficits, on crée des marges (sur les charges d’intérêt) sans pour autant avoir besoin de dégager des surplus (= faire du désendettement). Etre le meilleur élève de la classe en faisant mieux que ce qu’on nous demande n’aide pas les Bruxellois. Personne ne choisit de se priver quand il y a des besoins fondamentaux à combler : 30 millions, c'est plus qu'une vraie marge budgétaire !

La prudence doit surtout permettre de soulager les Bruxellois et mettre en place une politique de relance pendant les temps de vaches maigres. Depuis 5 ans, ce gouvernement fait tout le contraire : il renforce la stagnation, et avec elle, la dépression des Bruxellois. Il le fait d'ailleurs de manière tout à fait délibérée et consciente quand on sait qu'il se refuse de pratiquer le contrôle budgétaire qui lui aurait permis d’ajuster sa politique en cours de route. On peut d'autant plus aisément affirmer que le gouvernement se comporte de manière aussi irresponsable que, depuis le mois d’octobre au moins, le Ministre savait déjà que ses recettes seraient meilleures que ce qu'il avait annoncé lors de la présentation du budget initial. Le gouvernement s'est ainsi délibérément privé de moyens importants qui lui auraient permis d'apporter des solutions aux problèmes des Bruxellois.

Cette politique du camouflage budgétaire est autant regrettable que dommageable. En effet, dans le courant du deuxième semestre de l'exercice précédent alors qu’il n’était pas encore trop tard pour développer certaines politiques, le gouvernement s'est refusé, prétextant qu’il manquait de moyens, d'octroyer l’allocation loyer (= 6 millions) pourtant prévue dans l’accord initial du gouvernement, de financer un dispositif d’accueil hivernal convenable (un "one shot" de 500.000 euros) dont on a pu apprécier combien il manquait la semaine dernière, de prolonger les primes énergie à l’arrêt depuis le mois de juin dernier tandis que les ménages bruxellois continuent à payer des factures trop élevées à cause d’une isolation déficiente, d’engager des accompagnateurs pour les jeunes chercheurs d’emploi etc … La liste de ces occasions manquées est longue.

La situation socio-économique des habitantes et des habitants de notre Région se dégrade d’année en année et un seul constat peut être tiré de tous les chiffres qui nous sont ainsi livrés, que ce soit en matière de chômage et celui des jeunes en particulier, de revenus d’intégration sociale, d’impôts des personnes physiques, des revenus médians, des personnes vivant sous le seuil de pauvreté : la fracture sociale est de plus en plus grande et, sur ce plan, le bilan du gouvernement est, hélas trois fois hélas, est aussi consternant que navrant.

Ces beaux paquets  de millions auraient pourtant permis d'améliorer le sort quotidien de pas mal de Bruxelloises et de Bruxellois. Si ce n'est l'aménagement même d'une partie du territoire de la Région. Le gouvernement bruxellois, qui ne peut pas dire qu'il n'a pas été tenu au fil des mois au courant de l'état de la situation, a décidé de ne rien en faire. Par manque de vigilance ou par consentement à pareils égarements? Un motif ne vaut pas mieux que l'autre. C'est plus qu'une erreur, c'est une véritable faute démocratique dans la mesure où il y a eu véritable tromperie. Pour quelle récompense ...?

 

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