Le Nouveau Code du Logement ne tient pas compte des locataires bruxellois
Posté par: so
dans Sur le terrain
le Jun 28, 2013
C’est ce vendredi que le parlement bruxellois votera le nouveau Code du Logement qui déterminera la politique du logement à Bruxelles pour les 10 années à venir. Il n'apportera hélas pas de réponse aux défis d’une grande ville : loyers chers, marchands de sommeil et isolation médiocre. Le locataire bruxellois risque bien d’en être le dupe.
Pour Fouad Ahidar, le moment est idéal pour dénoncer la crise du logement : “Les prix à la location grimpent plus vite que l’index et les autorités ne parviennent pas inverser la tendance avec une construction suffisante de logements abordables. Le gouvernement a beau avoir fait de belles promesses, il n’a pas davantage avancé sur ce dossier. L’attestation de conformité visant les marchands de sommeil a été supprimée et l’allocation loyer promise reste lettre morte, tout comme les prix locatifs objectifs.”
Le locataire est la première victime de la crise, comme le démontrent les chiffres du SPF Sécurité Sociale. C’est la raison pour laquelle le sp.a a proposé des amendements sur le nouveau Code du Logement : “Bruxelles, ce n’est pas seulement des propriétaires. Nous sommes partisans d’un logement locatif de qualité avec une isolation minimum obligatoire et une facture modique. Les 5.000 familles qui attendent un logement social depuis plus de 5 ans doivent pouvoir bénéficier d’une allocation loyer.” Les amendements ont été rejetés cette semaine encore par la majorité politique, alors que la majorité des Bruxellois sont locataires.
Ce vendredi, le nouveau Code du Logement sera voté en séance plénière au parlement bruxellois. La nouvelle ordonnance définit les normes d’habitabilité, le cadre pour les locataires et les habitations sociales et l’approche à suivre en matière de logements inoccupés et de marchands de sommeil. Le sp.a est heureux des nouvelles mesures envisagées dans la lutte contre les bâtiments inoccupés. L’attribution de logements sociaux se veut elle aussi désormais plus transparente. Il y a toutefois un problème fondamental dans le fait que ce nouveau Code du Logement oublie plus de la moitié des Bruxellois : les locataires.
La crise du logement s’est transformée de nos jours en crise du locataire. De moins en moins de Bruxellois sont en mesure d’acheter un logement dans notre ville et l’offre d’habitations à prix abordable proposée par le gouvernement est loin de suffire. Le secrétaire d’État Doulkeridis continue aujourd'hui encore de suivre le Plan Logement 2004-2009, mais seuls 1.040 des 5.000 logements promis ont été réalisés. “On ne peut pas se loger avec un pareil Plan Logement. Plutôt que d’annoncer projet sur projet, il serait temps que quelque chose bouge sur le terrain. Depuis 2009, les prix à la location progressent plus vite que l’index et les logements promis à prix abordable restent lettre morte. Le gouvernement bruxellois a ravalé ses ambitions vis-à-vis des locataires. L’attestation de conformité pour les logements inférieurs à 28m2 a ainsi été supprimée et l’allocation loyer promise n’est toujours pas là. C’est le gouvernement de l’immobilisme.”
Le sp.a plaide pour un Plan Location tel qu’il existe en Flandre. Ce plan doit aider à définir des prix à la location qui soient objectifs, des logements de qualité et une facture moindre pour les locataires. “Lors des discussions sur le nouveau Code du Logement, nous avions proposé des amendements visant à rendre obligatoire à terme l’isolation sur le marché locatif, à reconnaître les chambres d’étudiant, à l’introduction d’une déclaration de location et à attribuer une allocation loyer pour tous ceux qui sont depuis plus de 5 ans sur liste d’attente. La majorité politique aura beau rejeter ces propositions, la majorité des Bruxellois n’en restera pas moins locataire” rappelle Fouad Ahidar.
