Le pianiste du tourisme doit encore trouver sa partition
Posté par: so
dans Coups de gueule
le Oct 8, 2013
Fabrice Voogt nous apprend dans Le Soir de ce mardi 8 octobre que le cabinet du Ministre-Président de la Région bruxelloise a déposé une note au gouvernement qui « tracerait le chemin du transfert de la compétence « tourisme » à la Région, comme prévu par la sixième réforme de l'Etat », réforme appelée comme on le sait à sortir ses pleins effets au début 2015.
L'article, nourri de toute évidence des informations contenues dans ladite note, fait ainsi état de ce qu'envisage de faire le Gouvernement. L'idée de base est que, dans le futur, il n'y ait plus, au plan régional bruxellois, qu'une seule structure pararégionale qui regrouperait de fait toutes les asbl et tous les organismes qui, aujourd'hui, travaillent, un peu ou beaucoup chacun de leur côté, de près ou de loin dans le domaine du tourisme.
Il est ainsi prévu de fusionner une série d'asbl à qui il est reconnu une compétence ou l'autre en matière de tourisme : Visit Brussels, BLBE, le BIP, le BME et Rock the City qui est l'organe chargé d'assurer la liaison pour la mise à l'emploi de jeunes dans ces différentes structures concernées par l'organisation d'événements. Ce regroupement va évidemment dans le bon sens même si, comme je l'ai déjà souligné à maintes reprises en commission, on aurait du sans attendre la sixième réforme de l'Etat, assurer une meilleure coordination des actions tant il tombe sous le bon sens qu'elle est de nature à favoriser les économies d'échelle.
Cela étant, ce rassemblement sous une seule bannière pararégionale de quelques-uns des opérateurs qui travaillent aujourd'hui pour compte de différents niveaux de pouvoirs (Ville de Bruxelles, Cocof, VGC, Région) ne suffit pas pour répondre à l'esprit même de ce que la sixième réforme accorde comme nouvelle compétence à la Région bruxelloise en matière de tourisme. Comme je l'ai indiqué à maintes reprises, la Région doit devenir le vrai pilote de la promotion du tourisme et des manifestations susceptibles d'attirer du public sur le territoire des 19 Communes de la Région et de générer une activité économique bénéfique pour tout le secteur concerné.
Dans cette perspective, j'appelle de mes voeux la mise sur pied d'Assises du tourisme bruxellois qui réuniraient toutes celles et tous ceux qui, acteurs internes à la Région de Bruxelles-Capitale ou externes à celle-ci, jouent un rôle et ont des moyens pour promouvoir au mieux l'image et l'essor de notre entité. J'appelle de mes voeux une réflexion profonde sur les moyens de financer une politique touristique régionale (pourquoi pas commencer par la taxe de séjour sur les hôtels erronément perçue par les communes ?) qui fera revenir un tourisme de plus longue période et surtout de plus grandes retombées commerciales et économiques que celles dont notre Région** se contente. Or, selon ce qu'il m'a été donné de lire, le propos du cabinet du Ministre-Président n'a visiblement pas d'autre objectif que celui de disposer un peu autrement les meubles de la cuisine intérieure du tourisme bruxello-bruxellois, histoire également de donner à penser que les choses « bougeraient » plus depuis que Charles Picqué est parti.
Ce ne serait évidemment que poudre aux yeux. Et ne ferait nullement l'affaire de celles et de ceux qui, de fait, tirent leurs moyens d'existence du succès d'une grande et véritable politique régionale. Mais ne tirons pas sur le pianiste avant qu'il ne nous ait fait découvrir sa partition. Il doit encore faire illusion jusqu'aux prochaines élections.
