Posté par: so dans Sur le terrain

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Aujourd’hui, la ministre de l’énergie Evelyne Huytebroeck (Ecolo) a répondu à mes questions relatives à l’arrêt, au 1er juillet, des primes à l’énergie. 

Au cours de la première moitié de 2013, 13.266 demandes ont été introduites avant le 17 juin, soit le même nombre, en six mois, que pour toute l’année 2012. 70% du budget a déjà été alloué, le reste est réservé aux demandes en cours. Concrètement, cela signifie que, après le 1er juillet, aucune nouvelle demande ne pourra être déposée. Celui qui remplace son réfrigérateur en septembre, par exemple, ne peut déposer sa demande de prime que l’année prochaine, tout en restant incertain des nouvelles conditions. 

Vu que le budget annuel de 19,1 millions est resté le même, les primes à l’énergie sont devenues victimes de leur propre succès et d’une politique non effective. Selon la ministre Huytebroeck, "il n’est pas anormal que le budget soit déjà épuisé aujourd’hui". Mais elle n’a pas vérifié pourquoi les demandes étaient si nombreuses... La ministre n’a pas prévu de scénario d’urgence alors que nous avons connu le même problème en novembre 2010. C’est d’ailleurs préoccupant que la ministre n’ait même pas pu expliquer pourquoi le budget des primes à l’énergie est épuisé si tôt dans l’année.

Il est clair que le système des primes à l’énergie est structurellement instable. Ce n’est que dans la Région de Bruxelles-Capitale qu’une augmentation du nombre de demandes engendre une suspension du système. Maintenant que le système est suspendu, les Bruxellois ne sont plus égaux entre eux : il fallait disposer des liquidités en début d'année et tant pis pour celui qui peine à rassembler les fonds. Le budget doit être évalué correctement de sorte à éviter tout arrêt à l’avenir.

Enfin, il faut que l’on réfléchisse à la manière dont les primes peuvent être accordées de manière plus efficace et plus sociale : certaines primes ont augmenté proportionnellement plus pour les hauts revenus que pour les bas revenus ces 3 dernières années. Aujourd’hui, par exemple, les primes à la construction passive dépassent leur objectif. Ces primes sont passées de 70 euros en 2011 à 130 euros aujourd’hui, alors que la construction passive sera obligatoire à partir de 2015. Les primes à l’énergie ne peuvent pas être limitées aux nouvelles constructions et aux habitants de maisons passives, ils doivent également être accordés à des locataires qui vivent dans un logement dont le toit n’est pas isolé.

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