Posté par: so dans Coups de gueule

Taggé dans: environnement

La politique est ainsi faite que, très souvent, ce n'est qu'au moment où il y a des catastrophes naturelles comme celle qui vient d'endeuiller les Philippines ou lorsqu'il y a un « sommet sur le climat » comme celui qui vient de s'ouvrir à Varsovie que l'accent est mis sur ce qui s'est fait, ou non, en matière de lutte contre le réchauffement climatique. 

En d'autres temps, c'est « dégage, il n'y a rien à voir » quand ce n'est pas, « nous, on fait tout bien et, en tout cas, mieux que les autres ».  Qu'en est-il donc réellement du bilan belge sur le dossier climatique ? Les chiffres que l'on retrouve ce matin dans la presse sont plus que parlants : le bulletin de notre pays est tout sauf brillant. Et d'aucuns ne manqueront pas d'ajouter qu'il est même mauvais.

En effet, sous un chiffre globalement satisfaisant qui était déjà atteint dès 2012, le bulletin belge en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre laisse plus qu'à désirer dans nombre de secteurs où, comme dans ceux des transports et du bâtiment, les émissions continuent à progresser. Par ailleurs, si le monde des entreprises présente à ce propos des résultats qui donneraient à penser qu'elles ont atteint l'objectif qui leur était assigné, il ne faut jamais oublier qu'il ne s'agit là que d'un leurre dans la mesure où l'on sait que les « bons chiffres » couchés sur papier ne sont dus qu'au fait que la Belgique achète des droits d'émission de CO2 à l'étranger. Politique qui a également un sérieux coût  puisque plus de 230 millions d'euros ont ainsi été dépenses, dont 168 par le fédéral et 64 par la Flandre.

Ainsi, apparaît de plus en plus qu'il y a un dérapage inquiétant en matière d'émissions de gaz du côté belge, un « déficit significatif » pour employer un terme diplomatique. A qui la faute ? On entend déjà les Régions accuser le fédéral d'avoir supprimé des mesures essentielles comme la déductibilité sur les investissements économiseurs d'énergie. Mais que n'ont-elles pris le relais  lui rétorquera, à juste titre me semble-t-il, le fédéral qui, on ne le répétera jamais assez, ne peut plus être la vache à lait de ces entités qui n'ont pas encore compris, du moins c'est le cas à Bruxelles, que le temps des enveloppes compensatoires fournies par le fédéral est un temps qui n'est plus et qui ne sera jamais plus. 

Ainsi, avant de regarder dans l'assiette du voisin ou de jeter la pierre sur le fédéral dont le principal reproche qui pourrait lui être fait est de s'en être trop remis aux entités fédérées pour obtenir des résultats globaux dont il est toujours le garant, ne serait-il pas opportun de se demander si tout a bien été fait en Région bruxelloise pour réduire autant que possible les missions de gaz à effet de serre. 

Quand on sait que la Région bruxelloise continue à acheter des bus au mazout, qu'il y a moins de 10 bornes de rechargement électriques sur tout le territoire de la Région pour répondre à la (future) demande des engins motorisés électriques, que les primes au passif, pourtant bientôt obligatoire, continuent à augmenter pour atteindre des niveaux dignes de la subsidiation pour ne prendre que quelques exemples qui sont parmi les plus criants en matière de contresens de ce qu'il aurait fallu faire pour s'inscrire dans une véritable politique en faveur de l'environnement, je pense que les Autorités de la Région bruxelloise feront bien de se taire et de veiller à balayer devant leur porte si elles veulent être prises au sérieux. 

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