Posté par: so dans Coups de gueule

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Derrière le rideau, il y a la réalité. Si les Pays-Bas présentent généralement l'image d'un pays prospère, heureux de connaître le plus faible taux de chômage d'Europe, cela ne signifie nullement que tout baigne dans la félicité chez nos voisins du Nord.

A l'occasion d'élections législatives qui seront suivies avec grande attention par toutes celles et par tous ceux qui se sentent concernés par le futur de ... l'Europe, il est permis d'apprendre que, là comme dans la plupart des pays de l'Union européenne mais avec une acuité beaucoup plus virulente, les Néerlandais font de la pertinence des politiques menées par l'Europe la question de tous les positionnements. Sinon de tous les enjeux.

En effet, austérité budgétaire, coût du logement, baisse du pouvoir d'achat, essoufflement de l'emploi, sentiment accru de précarisation, les thématiques domestiques ne manquent pas et sont, comme on peut s'en rendre compte, assez semblables à celles que nous connaissons chez nous. Ce qui diffère essentiellement, c'est la perception qu'en ont les Néerlandais.

Alors que nous ne cessons d'attribuer nos maux à des causes provenant du mauvais agencement de nos structures institutionnelles ou de la crise financière qui a touché le monde entier à la fin 2008, nos voisins considèrent, quant à eux, que les difficultés qu'ils connaissent aujourd'hui (coupes dans les domaines de la culture, de l'éducation, de la santé, des retraites) trouvent essentiellement leur origine dans le fait qu'ils ont trop à payer pour d'autres pays européens et estiment par ailleurs que Bruxelles leur impose des règles dont ils pensent ne pas avoir besoin. Bref, l'Europe est le réceptacle de toutes leurs rancoeurs et, du coup, devient la cible privilégiée de (quasi) tous les partis qui rivalisent de postures les plus tournées vers le seul intérêt du pays...

Il faut dire que certains des chiffres concernant l'état de santé des Pays-Bas montrent bien que nos voisins connaissent, eux également, de gros soucis sociaux. Ainsi, parmi des tas d'autres allant tous dans la même direction, on relève que pas moins de 370.000 salariés sur 9 millions d'actifs vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, que 2000 personnes seulement ont signé un contrat d'emploi à durée indéterminée en 2011 alors qu'elles étaient 83.000 l'année précédente, que les entreprises à un seul employé ont doublé en un an, faisant ainsi des 750.000 travailleurs indépendants autant de personnes non protégées par la moindre convention collective. Le tout, sur fond d'austérité, avec une perte de pouvoir d'achat estimée à 7% sur 2012 et 2013....

Les Néerlandais grincent donc des dents. Et il y a de sérieuses raisons de penser que c'est le sentiment d'appartenance à l'Europe ou, plus fondamentalement, la nécessité de faire de celle-ci le fer de (re)lance de l'économie dans tous les pays du Vieux-Continent qui, au soir des élections, auront à payer la note de ce sentiment de défiance à l'endroit de la politique menée, au nom de l'Europe par les 27 pays membres de l'Union européenne.

Qui sortira vainqueurs des urnes aux Pays-Bas? Les partis extrêmes qui ont transformé ces élections en référendum sur l'Europe? Ou les partisans de l'austérité et de la rigueur tant dans le pays qu'en Europe? Ou, enfin, les adeptes d'une politique autant soucieuse de relance économique que de maintien des outils toujours en place dans le pays pour assurer les meilleurs services d'éducation et de soins au public?


Puissent les résultats ne pas constituer une difficulté supplémentaire pour l'Europe à devenir autre chose qu'un assemblage de pays tous pour l'instant plus préoccupés les uns que les autres par leurs intérêts immédiats que par leur devenir réel et leur sauvegarde en commun.

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