Posté par: so dans Sur le terrain

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Les dirigeants de l'Union Européenne étaient à Bruxelles ces 16 et 17 décembre pour tenir leur dernier Sommet européen de l'année. A cette occasion, ils ont frappé (relativement) fort puisqu'ils sont parvenus à se mettre d'accord pour amorcer la création d'un Fonds de secours financier permanent que pourraient solliciter les pays qui connaîtraient de grosses difficultés budgétaires. Il s'agissait, en fait, du septième sommet européen de l'année consacré, comme tous les autres, à la crise économique et financière qui, on le sait, fait vaciller depuis quelques mois l'Union monétaire.

Pour rappel, lors de la crise grecque et précisément pour venir en aide à la Grèce, l'Europe a déjà mis en place, avec le Fonds Monétaire International, un plan de soutien provisoire alimenté par une dotation de 750 milliards d'euros et destiné à voler au secours des pays de l'Union qui seraient en difficulté. Comme ce plan était appelé à expirer à la mi-mai 2013 et surtout parce que cette manière de faire était en contravention avec la Constitution allemande qui ne permet pas de « renflouer » directement un autre pays dit de la zone euro, il vient donc d'être décidé de « créer un mécanisme de stabilité qui sera activé si cela s'avère indispensable pour garantir la stabilité de l'euro dans son ensemble » et d'approuver les modalités d'une réforme du Traité de Lisbonne car celui-ci interdit en principe un tel mécanisme de solidarité financière entre pays. 

Comme on le voit, les 27 ont sérieusement mis la main à la pâte pour que soit pérennisé le dispositif de renflouement d'un Etat de la zone euro qui serait en danger. Tout n'est pas encore ficelé : le Président du Conseil, Herman Van Rompuy, a été chargé de tracer les contours de ce futur "mécanisme de stabilité" dans les meilleurs délais. Dès qu'elle aura été mise en forme, la réforme devra être ratifiée par chacun des Etats membres, et ce, avant le 1er janvier 2013, soit six mois avant l'expiration des prêts improvisés dans l'urgence au mois de mai pour sauver la Grèce de la banqueroute d'abord et l'Irlande ensuite.

Toutes ces décisions vont incontestablement dans le bon sens puisqu'elles ont pour objectif de renforcer la puissance publique des Etats membres de la zone euro et de mettre ceux qui se trouveraient dans une situation financière précaire un peu plus à l'abri des attaques des groupements financiers privés. Suffiront-elles pour calmer les ardeurs des spéculateurs qui sont là à guetter, tels des vautours autour d'un troupeau de bêtes, ceux des pays de l'euro qui montrent de grands signes de faiblesse? Ce n'est pas certain car aucune décision définitive n'a encore été arrêtée pour augmenter sa force de frappe. 

C'est d'ailleurs cette indécision qui a fait réagir Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI. Ce dernier a déploré, depuis Washington, la lenteur des Vingt-Sept dans leur tentative de calmer les turbulences qui menacent pour l'heure le Portugal, l'Espagne, l'Italie et last but not least, notre pays qui, à force de connaître une (trop) longue crise politique, se rapproche petit à petit de l'oeil du cyclone, autrement dit des feux brûlants du marché financier...

Bref, même s'il y a encore quelques zones d'ombres ou quelques raisons d'estimer que tout n'est pas encore en ordre pour "sauver" l'euro,  il y a beaucoup d'aspects positifs dans les décisions prises et les démarches effectuées par les dirigeants européens au cours de ce dernier Sommet qui aura été aussi le dernier sommet de la Présidence belge. 

Une Présidence qui, en dépit du fait que le gouvernement était en affaires courantes, aura été une excellente présidence si l'on en juge par les nombreuses avancées de l'Europe au cours de ces six derniers mois. Voilà au moins un point qui ne sera guère contestable et contesté.

Réjouissons-nous en car, en ces moments difficiles pour notre pays, les bonnes nouvelles ne sont pas légion !

 

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