Il est beaucoup question d'épargne ces derniers temps. Le sujet, qui pesait 245 milliards d'euros en juin dernier, est souvent à la une des journaux. C'est encore le cas ce mercredi dans l'édition du Soir qui titre « L'épargne rapporte moins que jamais ».
Avant d'aborder le fond du sujet, il est bon, je pense, de rappeler que plus d'un Belge sur deux n'est pas en mesure d'épargner. En effet, seuls 47,7% déclarent pouvoir le faire. Ce sont les locataires qui sont le moins bien lotis à cet égard. Seul un ménage sur trois parvient à économiser. Pour ce qui concerne les propriétaires, le nombre d'épargnants est beaucoup plus élevé : plus de la moitié d'entre eux en ont les moyens. Comme on peut le voir, l'épargne est une notion qui est loin d'avoir la même signification dans tous les foyers du pays. Surtout quand on précise que près de 130.000 ménages belges ont plus de dettes que d'avoirs.
Quand on parle des avoirs de l'épargne qui, il faut le savoir, atteint des sommets chez nous, de quoi parle-t-on plus précisément? Les grands chiffres donnent le paysage suivant :
- 10% des Belges disposent d'avoirs inférieurs à 2.800 €
- Les 20 % de Belges les plus pauvres ne détiennent que 1 % de l'épargne
- 20% des Belges les plus riches se partagent plus de 60% du patrimoine
- Le patrimoine moyen des Belges s'élève à 338.600 euros
- Les 10% des ménages les plus aisés ont un patrimoine d'au moins 700.000 €
Si l'estimation est juste et ne prend en compte que le seul aspect « rendement », cette approche de la problématique de l'épargne est aussi lacunaire que peu satisfaisante. Avoir des rendements plus élevés de la part de banques qui, pour se faire, se remettraient à jouer à la roulette et mettraient en péril la sécurité du remboursement des intérêts annoncés (sinon plus encore l'équilibre du marché bancaire) serait aussi risqué qu'indécent. A cet égard, le sp.a est certainement le parti qui plaide le plus pour que les banques ne puissent plus confondre leur fonction d'établissement d'épargne et celle d'organe d'investissement, voire de placement de fonds.
Ne rien faire et laisser faire le marché comme c'est le cas aujourd'hui sous la houlette d'une banque centrale européenne qui n'a aucun compte à rendre à qui que ce soit, même pas aux Autorités publiques des pays membres de l'Union européenne ? C'est là une option qui vaut ce qu'elle vaut, et qui donne les résultats que l'on connaît. Une autre serait que ces mêmes pouvoirs publics, ou partie d'entre eux, cherchent à faire en sorte que cette épargne dormante ou peu agissante se trouve canalisée et/ou dirigée, par une série d'incitants aussi attrayants financièrement parlant que sécurisés en matière de remboursement, vers des secteurs innovants ou performants au plan économique et créateurs d'emplois de qualité.
C'est celle qui a mes faveurs. C'est aussi celle que Johan Vande Lanotte propose !
Pour que l'épargne retrouve ainsi des couleurs et pour la mettre en même temps au service de la recherche et de la relance économique.


