C'est au terme d'une très longue et très onéreuse campagne électorale que Barack Obama l'a emporté. Comme prévu, c'est finalement dans l'Ohio que l'élection s'est jouée. Quand, durant la nuit de mardi à mercredi, on découvrait qu'il avait remporté la victoire dans cet Etat réputé républicain mais qu'il avait également devancé Romney dans les Etats du Wisconsin, de l'Iowa et du New Hampshire qui constituaient autant de lieux où il lui fallait gagner pour faire la différence, la messe était dite. Barack Obama était réélu pour un deuxième mandat à la Maison Blanche.
La performance est notable et stoppe la tendance qui s'est installée dans les pays occidentaux depuis le début de la crise économique, tendance qui a pour effet de faire passer à la trappe tous leurs dirigeants en place dès qu'il y a consultation électorale.??"Fore more years", c'est en ces termes que le président sortant a tout d'abord annoncé sa victoire sur ses comptes Twitter et Facebook, ajoutant immédiatement après "This happened because of you. Thank you" ("C'est arrivé grâce à vous, Merci").
L'entreprise qui sera la sienne pendant ce deuxième mandat sera aussi immense que périlleuse et difficile. Tout d'abord parce qu'il n'a pas, pas plus cette fois que lors de son premier mandat, les coudées franches pour mener à bien ses projets. En effet, les Républicains seront à nouveau majoritaires à la Chambre des Représentants du Congrès et Barack Obama devra donc, une nouvelle fois, "composer" avec eux dans bien des domaines pour obtenir le droit d'avancer ses pions sur son propre échiquier. On se souviendra qu'il a déjà du prendre accord avec l'opposition pour procéder, à partir du 1er janvier 2013, à de très sérieuses coupes sombres dans les dépenses de la défense et des programmes sociaux ..
La tâche ne sera pas simple. Or les défis ne manquent pas à l'horizon. Que ce soit dans le domaine social où la paupérisation, principalement au sein de la communauté noire, prend un tour plus qu'inquiétant, dans le domaine économique où la relance tarde à se faire réelle ou, encore, dans le domaine de la politique internationale où nombreux sont les pays qui se tournent vers les Etats-Unis pour qu'ils prennent la tête de la croisade anti-syrienne : le chemin de Barack Obama est plus que miné.
Et je n'ai pas évoqué ici les dossiers de la dette faramineuse qu'est celle des Etats-Unis, de la problématique de l'Iran, de la prise en charge du dossier calamiteux du réchauffement climatique, de la véritable guerre à mener contre la montée des intégrismes religieux et racistes qui s'affichent de plus en plus sur le territoire US, de la fermeture de Guantanamo, de la réforme de l'immigration et de ses 11 millions de clandestins, de la réforme de l'éducation qui semble être un véritable casse-tête, etc...
L'homme du "Yes, we can" qu'il était durant sa première campagne électorale parviendra-t-il à être à la hauteur des espoirs toujours placés en lui en dépit du fait qu'il est de plus en plus apparu ces derniers temps comme l'homme du "Yes, we can't" ? On ne peut que former des voeux pour qu'il en soit ainsi et que l'on va ainsi voir à l'oeuvre le vrai Obama. Il est vrai que tout ce qui peut contribuer à la bonne marche du monde ne peut être que bénéfique pour toutes les parties qui le composent. ??L'Europe y compris donc....


