Entre 2003 et 2010, Bruxelles a connu une très importante hausse de sa population : en réalité 10 %, pour atteindre, fin 2010, 1.089.538 habitants. Dans le même temps, la progression de population a été de 6,8 % à Anvers, 5,6 % à Louvain, 3 % à Namur et de 1 % à Charleroi. Comme on le voit, Bruxelles se « repeuple » à très grande vitesse, ce qui permet d'estimer que, à ce rythme, la population bruxelloise aura augmenté de 240.000 habitants d'ici 2020.
Où les loger ? Tel est un des gros casse-têtes qui, parmi bien d'autres, se pose à notre exécutif régional quand on sait que, de fait, il faudrait, chaque année qui s'écoulera d'ici 2020, pouvoir compter sur 7.000 logements supplémentaires pour répondre à ces besoins à venir.
Quand on sait que, aujourd'hui déjà, il y a 50.000 ménages qui sont en attente d'un logement, soit social soit moyen, et que la dynamique actuelle de l'immobilier n'est pas du tout à la création de logements appropriés pour celles et ceux qui représentent plus d'un quart de la population bruxelloise (qui, sur base des chiffres 2004-2007, vivent dans leur quotidien avec des moyens inférieurs au taux de risque de pauvreté), il y a matière à considérer que la question devient angoissante...
Il y a quelques jours, la presse a consacré de larges papiers à ce qui pourrait constituer une espèce de filon pour nouveaux logements à Bruxelles : la reconversion des bureaux inoccupés en logements. Pour bien appréhender cette problématique, quelques chiffres s'imposent. Au moment de la crise financière de 2008, le pourcentage des bureaux inoccupés à Bruxelles atteignait les 9 %. Aujourd'hui, ce taux est passé à 11 % tout en sachant que, au cours de ces trois dernières années, 300.000 m2 de bureaux ont été transformés en espaces d'école, de crèche ou de logement. Sans cela, le taux d'inoccupation des bureaux serait de 14% à Bruxelles, soit beaucoup plus qu'à Paris par exemple où le pourcentage n'est que de 6,7%.
Cette reconversion de bureaux inoccupés en « espaces de vie » est-elle la panacée comme ces articles tendent à le faire penser ? La transformation de bureaux inoccupés en logements peut être utile pour l'économie et les finances régionales parce que des bureau inoccupés ne rapportent aucun précompte mais aussi parce que les nouveaux logements ainsi aménagés pourront être loués ou vendus à des publics faisant partie des classes aisées ou moyennes de la population.
Il ne faut cependant pas se leurrer. Ces opérations de réaffectation de bureaux abandonnés ne représentent qu'une goutte d'eau par rapport au flot de la demande existante, et plus encore à venir, en matière de logement en Région bruxelloise. Tout comme pour les écoles, les maisons de repos et les infrastructures relatives à la mobilité, le gouvernement devra être beaucoup plus opérationnel et interventionniste qu'il ne l'est pour déployer sur plusieurs fronts (construction de logements sociaux ou moyens en direct, aide à l'acquisition, soutien accru à la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capital, aide à la rénovation /transformation, aide aux agences immobilières sociales, etc) le parc immobilier régional bruxellois.
Et être, d'ici dix ans, en mesure de « répondre » adéquatement à la demande qui existera alors. Oui, il est plus que temps pour le gouvernement régional bruxellois de cesser de somnoler. Il est urgent de passer à la vitesse supérieure.


