Le sous-titre de l'article intitulé "Courtois payé par des subsides" (signé Marie De Schrijver) dans le Soir de ce vendredi : "Charles Picqué demande des vérifications à l'administration" n'est pas un exact reflet du cours des évènements.
En prélude au débat que, ce jeudi 8 juin, j'ouvrais au Parlement sur la portée des propos tenus par Alain Courtois en réponse à sa mise en cause pour l'utilisation faite de gros subsides régionaux (dans le cadre, entre autres, de la promotion de la candidature de la Belgique pour l'organisation des championnats du monde de football en 2018), Charles Picqué a bien annoncé qu'il allait demander que vérification soit faite par l'Administration. S'il l'a fait de cette manière, ce n'est certainement pas de gaieté de coeur mais bien parce qu'il y était contraint !
La Libre Belgique avait mis en avant, dans un article paru il y a quelques semaines, qu'il pouvait y avoir, dans ce dossier, conflit d'intérêts et que, contrairement à ce que l'intéressé avait laissé entendre à qui voulait, la loi sur l'attribution de marchés et de contrats n'avait plus que probablement pas été respectée : en effet, les asbl incriminées, alimentées en bonne partie par des subsides régionaux et toutes dirigées par Alain Courtois himself, ont ainsi passé plusieurs grosses commandes de services à des sociétés ou asbl, au sein desquelles le même Alain Courtois joue ou jouait un rôle de premier plan, sans passer par les procédures voulues.
Ce jeudi, suite à mon interpellation et aux questions posées par d'autres parlementaires, parmi lesquels Emmanuel De Bock, Anne-Sylvie Mouzon et Joëlle Riguelle ont également fait montre de beaucoup de pugnacité, le Ministre-Président a dit se réserver le droit de déposer plainte contre Alain Courtois si des irrégularités devaient être établies par l'Administration.
Quand on sait que Alain Courtois a mis directement en cause le cabinet du Ministre Vanhengel pour justifier le fait qu'il s'était autorisé à passer outre la législation spécifique aux marchés publics et quand on sait combien les liens entre l'exécutif et l'Administration peuvent être étroits dès lors qu'il est question d'affaires dites sensibles, il est à se demander s'il n'eût pas mieux valu que cette "vérification" de l'usage fait des deniers publics par les asbl concernées dans cette affaire qui "sent les circuits fermés" puisse être menée par un organisme plus détaché des cercles du pouvoir.
Dans l'attente de ce rapport dont il est permis d'espérer qu'il sera rendu public avant les élections communales, je vous invite à lire le compte-rendu que Mathieu Colleyn a fait ce vendredi dans La Libre Belgique au sujet de cette séance qui a eu lieu au Parlement. Vous aurez ainsi un bon aperçu de ce qui s'y est réellement passé et de ce qui s'y est décidé.


