Aujourd’hui, le sp.a a présenté le rapport de mi-législature du gouvernement Picqué IV par la voix de ses quatre parlementaires bruxellois. "Le gouvernement bruxellois est en fonction depuis plus de 2,5 ans. Nous avons examiné soigneusement les priorités avancées par la majorité en 2009. Et que constate-t-on ? Le gouvernement réalise à peine 25% de ses objectifs. Et ces 25% se composent avant tout d’études et de plans. Si nous nous limitons aux réalisations, ce chiffre est encore bien moins important.”
Le 16 juillet 2009, Charles Picqué a présenté l’accord gouvernemental de la coalition PS-CDH-Ecolo-Open VLD-CD&V-Groen – le quatrième gouvernement sous sa gouverne – au parlement bruxellois. Au terme de 2,5 ans, les premiers résultats devraient être visibles. Les cinq priorités du gouvernement sont la prise en compte de la croissance démographique, l’emploi, le développement durable, la lutte contre la pauvreté et le développement international de Bruxelles. Le moins que l'on puisse dire est que ces dossiers ont peu progressé depuis l'installation du gouvernement. Au terme de 2,5 ans, la période de rodage est passée depuis un bon bout de temps. Le moment des résultats est venu. Or, que voit-on?
Le rapport relève quelques éléments positifs de la politique du gouvernement. En ce qui concerne le logement, par exemple, le nouveau secrétaire d’état mise sur des nouvelles formes de logement comme le logement intergénérationnel, la reconversion de bureaux ou les Community Land Trusts pour engager la politique du logement dans une nouvelle voie. Mais la lutte contre les logements vides ne progresse pas et, au rythme actuel, il faudra encore trente ans avant d’atteindre les objectifs de l’accord gouvernemental en matière de construction de logements.
"C’est un phénomène récurrent de ce gouvernement: les objectifs sont généralement bons, mais leur exécution laisse à désirer. Prenons la mobilité: les budgets augmentent et le nombre de réalisations baisse. Comment est-ce possible ? C’est possible parce que le gouvernement n’est pas assez cohérent et que les divergences d’opinions internes sont trop nombreuses. Le ministre de l’emploi sait pertinemment bien ce qu’il doit faire pour faire baisser le taux de chômage et attirer les entreprises : investir dans un encadrement personnalisé du demandeur d’emploi. Mais d’autres partenaires gouvernementaux sont contre, ils estiment que cela coûte trop cher ou ne veulent pas presser les chômeurs. Alors on n’arrive à rien.”
La voie suivie par le Plan Régional de Développement Durable – la clé de voûte de l’accord gouvernemental – illustre parfaitement le fonctionnement du gouvernement Picqué IV: un magnifique travail préparatoire, des notes et des expositions intéressantes. Mais le Plan a pris un an de retard et son exécution sera pour la prochaine législature. “Il y a donc des éléments positifs, mais le bilan est insuffisant,” conclut la chef de groupe sp.a Elke Roex. “Si ce gouvernement veut effectivement faire la différence d’ici 2014 sur le terrain, il devra sérieusement accélérer le mouvement.”


