Posté par: so dans Sur le terrain

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J'ai apprécié l'éditorial du journal "Le Monde" de ce dimanche. Titré "Aux JO, ne pas céder sur l'égalité des sexes", il rapporte toutes les tractations qui ont eu cours entre le Comité Olympique International et trois pays qui, il y a quatre ans, dérogeaient encore à la Charte olympique qui stipule que le sport est un droit universel et qu'il ne peut souffrir aucune discrimination: l'Arabie Saoudite, le Qatar et le sultanat de Bruneï.

Aux Jeux de Pékin, ces trois pays ne comprenaient aucune femme dans leur délégation. A Londres, les délégations de ces mêmes pays étaient mixtes et c'est ainsi que, pour la première fois dans l'histoire des Jeux, les femmes étaient présentes dans la totalité des 204 délégations appelées à participer aux compétitions. 

Le président du CIO, notre compatriote Jacques Rogge, ne s'est d'ailleurs pas fait faute de le souligner dans le discours qu'il a prononcé lors de la très british cérémonie d'ouverture des Jeux. Il a très bien fait de mettre ce fait en avant. En effet, cette première n'est pas plus le fait du hasard qu'elle n'est la preuve qu'il n'y aurait plus de problèmes de discrimination à l'égard des femmes dans le monde du sport. Si les trois pays précités ont finalement intégré l'une ou l'autre sportive dans leur délégation, la raison de cette "fleur" est à chercher du côté de la diplomatie ou du calcul politique.

Le Qatar est, il faut le savoir, un pays qui est candidat à l'organisation des Jeux Olympiques de 2024 comme il est déjà le pays désigné pour organiser les championnats du monde de football ...masculin en 2022. Etant donné que la désignation des Jeux de 2024 est appelée à se faire avant les Jeux de Rio en 2016, le pays qatari ne pouvait se présenter au regard des pays qui désigneront le pays hôte des Jeux de 2024 comme un pays où les femmes n'auraient pas accès au monde du sport international. C'est ainsi que, voulant sans aucun doute faire beau visage à l'ensemble de ce monde du sport qui affectionne les mises en scène, le porte-drapeau de la délégation qatarie n'était autre qu'une femme... 

Quant au sultanat de Bruneï et à l'Arabie Saoudite, ils ne pouvaient pas être en reste. L'éditorial du "Monde" rappelait ainsi que, sous la pression du Comité Olympique International, Riyad avait fini par accepter, au dernier moment, que deux Saoudiennes puissent être présentes à Londres comme compétitrices. Il est à noter que, comme elles n'avaient pas le niveau requis pour être sélectionnées selon les critères olympiques, elles ont dû bénéficier d'une invitation particulière du CIO pour se retrouver plongées dans l'arène londonienne. Cest donc véritablement au prix d'une forte pression de type diplomatique que Jacques Rogge, dont ce sera là l'un de ses principaux faits d'arme de sa Présidence à la tête du CIO, a pu dire avec fierté que, pour la première fois dans l'histoire des Jeux, tous les comités nationaux olympiques avaient au moins une femme dans leur délégation.

Si c'est là un "signal" que l'on doit applaudir chaleureusement, cela ne signifie pas pour autant que la bataille menée pour que toutes les femmes disposent d'autant de moyens et de chances que les hommes pour faire du sport, qu'il soit de loisir ou de haut niveau, est aujourd'hui gagnée. Sur ce plan, on est encore très loin du compte. Ici, comme ailleurs. 

C'est bien pourquoi il conviendra de redoubler de vigilance et de ténacité pour que, qu'il s'agisse de modifications apportées au principe d'égalité des sexes au niveau de la pratique sportive, de questions relatives à la répartition de moyens financiers pour le développement de cette même pratique sportive ou, encore, de mise en exergue des résultats des sports concernant les femmes dans les médias , les athlètes féminines aient autant droit à l'épanouissement et à la reconnaissance que leurs homologues masculins.

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