Monsieur le Ministre-Président,
Je m'adresse à vous par la voie de mon blog pour faire vite et direct. Je viens d'apprendre par la presse que vous aviez rencontré pas mal de difficultés pour recevoir l'avis que l'inspection des finances a rendu dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler « l'affaire Courtois ».
Je ne veux pas chercher à savoir ici comment il se peut que cet avis, qui aurait été rédigé le 7 août dernier, n'a finalement été porté à votre connaissance qu'il y a quelques jours à peine : ce retard ne peut que signifier qu'il y a de regrettables dysfonctionnements dans votre Exécutif ou dans votre Cabinet. Ce que je veux exprimer ici, c'est que l'Exécutif que vous avez le devoir de bien conduire n'a que trop tergiversé dans le cadre de ce dossier.
Monsieur le Ministre-Président, l'heure n'est plus aux atermoiements. Pas plus qu'à celle des demi-mesures ou des reports sous la forme de nouvelles consultations que vous voudriez encore faire auprès d'organismes qui vous diront ce que vous savez déjà, et depuis longtemps d'ailleurs. A savoir très précisément que Monsieur Courtois a enfreint la législation sur les marchés publics d'une part et qu'il s'est trouvé au coeur d'opérations où il y avait manifestement conflit d'intérêt d'autre part.
Quand, tout au début de cette « affaire », je vous ai interpellé pour savoir ce que vous en saviez et ce que vous comptiez faire à cet égard, vous nous aviez assuré que vous aviseriez une fois que vous connaîtriez les avis de votre Administration ainsi que celui de l'Inspection des finances. Vous aviez laissé entendre, à l'époque où je vous avais d'ailleurs trouvé très courtois dans ce dossier (voir mon billet du 29 juin dernier), que vous seriez peut-être amené à déposer plainte s'il s'avérait que des fautes avaient été effectivement commises par Monsieur Courtois.
Ces avis, vous les connaissez aujourd'hui. Ils disent ce que l'on ne cesse de dire depuis le début : oui, Monsieur Courtois a, à plusieurs reprises, pris de larges libertés avec la législation existante, tant pour ce qui concerne l'attribution des marchés publics que pour ce qui a trait aux conflits d'intérêts.
Je vous demande donc de passer aux actes. Faute de quoi, nous ne saurions plus trop comment interprêter votre passivité dans cette affaire.
D'avance, je vous remercie à l'avance de votre fermeté retrouvée.
Bien confraternellement,
Sophie BROUHON


