Le Sommet européen de ces 28 et 29 juin est-il le Sommet de la dernière chance pour l'euro ? Il faudrait être bien sot pour oser dire pareille ineptie tant cette expression a, depuis 2008, été galvaudée pour présenter le grand nombre de Sommets qui ont déjà eu lieu sur ce sujet …
Il n'empêche. La crise de la dette, déclenchée par les effets de la chute en cascade de nombreuses banques américaines en 2008, ne cesse d'avoir de graves répercussions en Europe et de mettre non seulement en péril plusieurs des Etats de l'Union européenne mais également, et peut-être surtout, la survie de l'union monétaire européenne.
Ces trois dernières années auront vu les chefs d'Etat des 17 pays de la zone euro être régulièrement convoqués à Bruxelles pour adopter des mesures qui ressemblaient le plus souvent à du bricolage de secours concocté par le couple Merkel-Sarkozy. Pendant ce parcours, la crise a été gérée comme s'il s'agissait de trouver tout simplement un accord sur la répartition de fonds structurels ou sur la nouvelle politique agricole commune.
Si les sommets précédents avaient ressemblé à autre chose qu'à une défense des intérêts nationaux à court terme des uns et des autres, le feu ne se serait pas ainsi étendu dans la prairie au point de prendre l'ampleur que connait la crise aujourd'hui. Comment se sortir de ce guêpier ? On le sait, les Allemands ne voient pas l'avenir de la zone euro, voire celui de l'Europe, de la même manière que les Français et, fait nouveau, plusieurs autres pays, l'Italie et l'Epagne parmi eux, font également entendre leur "petite musique" sur ce qu'il y aurait lieu de faire pour sortir l'union monétaire européenne du marasme actuel.
Pour les Allemands et leur Chancelière, la première condition posées est celle du saut fédéral: réaliser une plus grande intégration politique en Europe via un transfert de souveraineté qui permettra un meilleur contrôle des choix budgétaires des Etats membres par les institutions européennes. Pour les Français et leur tout frais François Hollande, la priorité va à l'adoption de nouveaux instruments appelés à créer plus de solidarité financière et la création de ces euro-obligations qui permettraient de mettre en commun les dettes souveraines. Quand on sait que les Français ne voient pas du tout d'un bon oeil cette solution de supervision budgétaire qu'ils considèrent comme équivalant à une véritable perte de souveraineté nationale, on se rend compte à quel point les positions de départ peuvent apparaître comme antagonistes.
Faut-il désespérer à l'avance ? Non car il y a gros à parier que, partant de la feuille de route préparée par le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et ses trois homologues (Commission, Banque centrale et Eurogroupe), les participants de ce prochain Sommet chercheront les voies moyennes qui permettront à tous de faire belle figure au sortir de ces deux jours d'intenses discussions. Et, à la zone euro, de faire face aux marchés.
Le communiqué final de ce Sommet fera-t-il état de plus de fédéralisme ? D'un grand plan de relance ? Sans doute pas mais il y sera plus que probablement question d'union bancaire, de cadre budgétaire intégré, de cadre intégré pour les politiques socio-économiques, de mobilisation de nouveaux moyens financiers pour donner ici l'occasion au nouveau Président français d'estimer et de dire que l'Europe est sur la bonne voie en matière de sortie de crise...
On parie ?


