Les allocations familiales ont toujours constitué un grand sujet de débat politique. Faut-il lier les allocations aux revenus ? Peut-on raboter les allocations pour celles et ceux qui disposent de revenus élevés ? La mise en cause du système uniforme actuel fait de plus en plus sujet de discussion...
En France, le gouvernement Ayrault a eu l'intention de tailler quelque peu les allocationsfamiliales pour les 15% de Français les plus aisés mais a rapidement fait marche arrière vu le tollé que soulevait cette proposition. Quant aux Luxembourgeois, ils ont dû, eux aussi, revenir à la case départ après avoir essayé de ne plus donner d'allocations familiales aux plus de 18 ans non résidents luxembourgeois et de remplacer celles-ci par des bourses d'études.
Parfois, de simples retouches au système de redistribution peuvent, sans en avoir l'air, être considérées comme des amorces de réduction des allocations familiales octroyées à certaines catégories de la population. A cet égard, notre pays est en passe de faire figure de terre d'expérimentation.
Ainsi, après la réduction de la prime de rentrée scolaire dont l'exécution s'est faite ce jeudi, il est certaines mesures qui vont toucher très prochainement, c'est-à-dire dès septembre, certains des bénéficiaires des allocations familiales. Quelles mesures ? Si l'on en croit le porte-parole de l'Union des Classes Moyennes, le gouvernement s'apprête à réduire de 73,08 € par an le montant des allocations familiales destinées aux aîné(e)s des familles qui sont né(e)s avant le 31 décembre 1990 et qui touchent encore des allocations. Ces enfants bénéficient d'un supplément d'âge majoré à 33,69 euros au lieu de 27,60 euros. La même mesure touchera les enfants de deuxième rang (puînés) qui, devenus de premier parce que l'aîné(e) ne recevait plus d'allocations, touchaient un supplément majoré s'ils sont nés avant le 31 décembre 1996. S'ils touchaient 31,36 euros de plus s'ils avaient moins de 18 ans et 33,69 euros s'ils avaient plus de 18 ans, ces majorations se verront amputées dès septembre de 6,09 euros par mois pour les plus de 18 ans et de 7,41 euros pour les moins de 18 ans. L'économie attendus pour 2013 serait de 2,65 millions pour 2013 et de 8,4 millions pour l'année prochaine.
Que penser de ces économies qui surviennent ainsi peu avant que la compétence ne passe de l'Etat fédéral aux entités fédérées ? Pour le budget de l'Etat, c'est évidemment une opération qui est de nature à alléger tant son déficit. Mais avec quelle répercussion sur la corbeille qu'il aura à garnir pour doter demain les Régions qui hériteront de la compétence des allocations familiales ? Pour les Régions qui auront demain à gérer les récriminations des familles et, qui sait, le rétablissement des régimes antérieurs, il n'en va pas de même et c'est bien pourquoi il est important que, plutôt que de mégoter comme vient de le faire la Ministre des Affaires sociales, les Autorités régionales bruxelloises se penchent au plus vite sur le nouveau rôle qu'il conviendra de donner demain, c'est-à-dire après 2014, aux allocations familiales en matière de promotion de bien-être pour les enfants et les personnes qui les éduquent.


