Pascal Smet est, comme on le sait, Ministre de l'Enseignement de la Communauté flamande. A ce titre, il s'est prononcé, ce dimanche 26 septembre - Journée européenne des langues, pour proposer à l'avenir l'anglais comme seconde langue scolaire dans l'enseignement flamand.
Au nom de la création d'une véritable identité européenne, Pascal Smet se fait le champion de l'apprentissage de l'anglais juste après celui de la langue du cru, ce qui devrait selon lui contribuer activement à la construction du projet européen. Et, a-t-il ajouté, "c'est dans cette perspective que je souhaite ouvrir le débat".
Réfutant par avance la critique qui pourrait lui être faite, et qui n'a pas déjà manqué de lui être faite !, comme quoi cette proposition tombait à un moment fort délicat par rapport aux négociations de réformes institutionnelles, le Ministre de l'enseignement flamand a dressé les barricades : "Je ne plaide pas contre l'enseignement du français, je plaide pour l'enseignement de plus de langues et m'inscris pour l'enseignement d'une deuxième langue européenne qui aurait un caractère communautaire. Et s'il se fait que cette deuxième langue est l'anglais, ce sera ainsi le cas en Flandre".
Pour ma part, c'est par la presse que j'ai pris connaissance de cette nouvelle idée. Etant bien consciente qu'il ne faut fermer la porte à aucune réflexion qui pourrait améliorer le sort et le bien-être de la population en général, je relève pour l'heure que cette initiative ne s'inscrit pas prioritairement dans le programme que je m'attache, avec mes collègues du sp.a à défendre au Parlement bruxellois et qui vise, entre autres points, à améliorer autant que possible l'apprentissage des 2 langues nationales à tous les niveaux de l'enseignement.
Même si je suis une Européenne convaincue et, par conséquent, franchement partisane de voir l'Union européenne devenir une force politique ayant de plus en plus d'identité et de consistance au plan mondial, je n'en reste pas moins Bruxelloise et soucieuse de garder le bon cap en matière de mesures à prendre en faveur du devenir de notre Région.
Avant d'imposer l'anglais, l'apprentissage de la langue de l'autre communauté que la sienne permettra de s'accorder au mieux et de se voir ouvrir sans frein les portes de l'emploi à Bruxelles, dont Pascal Smet a également, faut-il le rappeler, la charge au niveau du gouvernement flamand.
Chaque chose en son temps et en bon ordre, telle est, me semble-t-il, la meilleure démarche à suivre : tant pour faire avancer les négociations en cours avant la constitution d'un nouveau gouvernement que le débat, plus lointain, de la communautarisation en devenir de l'Union européenne.
Par Philippe Housiaux , September 27, 2010



parti que le vôtre. Je vous en félicite et je m'en réjouis. Tout d'abord parce que cela démontre que les parlementaires ne sont pas que des petits soldats et ensuite parce que votre propos est aussi mesuré qu'il est très pertinent. Je ne manquerai pas de le signaler autour de moi et de m'en souvenir.